Disparate exposure to physically demanding working conditions in France
Disparités d’exposition aux conditions de travail physiques pénibles en France

H. Havet, J. Fournier, J. Stefanelli, M. Plantier, A. Penot Revue d’Epidémiologie et de Santé Publique, 2020, vol.68, n°20, pp. 327-336. Références
Cet article repose sur l’exploitation des résultats de l’enquête SUMER (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels) réalisée en 2017 auprès de 33 600 employés représentatifs de l’ensemble de la population salariée française, interviewés par 1243 médecins du travail volontaires, sur une période de trois mois. Ce sont 25 684 employés qui ont été retenus pour l’étude.
Une approche descriptive a été utilisée pour analyser les prévalences d’exposition à différentes conditions de travail physiques pénibles (manutention répétée de charges, postures contraignantes, vibrations, nuisances sonores et thermiques).
"Des régressions logistiques multivariées ont été réalisées pour examiner les associations potentielles de ces facteurs de pénibilité avec des caractéristiques individuelles, d’emploi et d’entreprise ".
Il en ressort que 48% des employés, soit 11,3 millions de salariés en 2017 ont été exposés à au moins un facteur de pénibilité physique et 24,8% (5,3 millions), à plusieurs d’entre eux.
Les ouvriers présentaient les fréquences d’exposition les plus élevées, contrairement aux cadres et aux professions intellectuelles qui présentaient les fréquences les plus basses.
Globalement, les salariés des grandes entreprises semblaient moins exposés.
Si les salariés du secteur de la construction étaient, comme attendu, les plus exposés aux contraintes physiques, les personnels des secteurs des services (soins aux personnes, activités de services administratifs et de soutien) n’étaient pas épargnés.
Cette étude met en exergue la pénibilité de certains secteurs avec une différence entre les catégories socioprofessionnelles qui contribuent aux inégalités sociales de santé.
Elle permet de définir les populations à risque auprès desquelles les programmes de prévention doivent être encouragés et soutenus afin " de réduire les effets néfastes des conditions de travail physiques pénibles et notamment les troubles musculosquelettiques associés ".
(publié le 24 mars 2021)