Evaluation des risques sanitaires chez des salariés travaillant en station de séchage thermique des boues d’épuration : dosage urinaire du cadmium

S. Pachura, C. Block, A. Stoufflet Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°5, pp. 358-366. Références
Afin de réduire les volumes de boues d’épuration, mais aussi de les valoriser, une technique consiste à épaissir et déshydrater la boue, puis à la sécher thermiquement pour en faire des "pellets" utilisables en incinération ou en épandage.
Cette technique va être une source supplémentaire de pollution via des poussières possiblement inhalables dans la zone de séchage, en particulier de cadmium. Mais aucune information dans la littérature ne traite de cette question.
Une équipe pluridisciplinaire a mené une étude sur l’évaluation de l’exposition au cadmium contenu dans les boues d’une station d’épuration (STEP).
Des dosages de cadmium urinaires ont été réalisés sur 7 techniciens d’exploitation et de maintenance de cette STEP en charge du sécheur (ancienneté dans le poste de 1 à 14 ans). Les prélèvements ont eu lieu en milieu de semaine et en début d’après midi. La STEP traite les eaux domestiques de 230 000 habitants, les eaux produites par les entreprises et les eaux pluviales.
Les résultats obtenus sont tous nettement inférieurs à la valeur limite biologique (VLB) pour le cadmium urinaire, mais également aux seuils définis pour la population générale.
Ces très bons résultats tiennent probablement aux déterminants spécifiques de l’entreprise tels les modes opératoires, les équipements de protection collective ou individuelle.
Il serait toutefois pertinent de réaliser des mesures complémentaires afin de vérifier l’absence d’exposition à d’autres métaux polluants (chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb, zinc), en relation avec les teneurs dans les eaux usées et les boues.
(publié le 30 janvier 2020)