Evaluation du comportement sédentaire au travail

K. Desbrosses Références en Santé au Travail, 2020, n°162, pp. 51-60. Bibliographie

Le comportement sédentaire se caractérise par une posture assise (ou allongée) et une très faible dépense énergétique, illustré au travail par une posture assise prolongée lors d’un travail de bureautique ou lors de déplacements en voiture.
Il est bien admis que des liens forts existent entre le comportement sédentaire et les effets sur la santé (augmentation de la mortalité toutes causes confondues, augmentation de la mortalité cardiovasculaire, risque de maladies métaboliques, de cancers, etc..)
En France, la durée journalière passée en posture assise est en moyenne de 4,17 heures mais elle peut atteindre 6,21 heures.

Il est important d’évaluer le comportement sédentaire pour agir en prévention. Le temps passé dans de longues périodes de comportement sédentaire peut être plus préjudiciable que le même temps réparti sur de courtes périodes.

Quels outils utiliser ?

  • les questionnaires mais la plupart sont généralistes et n’abordent pas spécifiquement le domaine professionnel.
    Les questionnaires WSQ (Workforce Sitting Questionnaire, questionnaire sur la posture assise des travailleurs) et OSPAQ (Occupational Sitting and Physical Activity Questionnaire), questionnaire sur la posture assise et l’activité physique au travail peuvent convenir. Ces questionnaires, simples d’utilisation ne renseignent que sur la durée totale d’assise et n’intègrent pas le nombre et la durée continue des périodes de posture assise ;
  • l’observation par un observateur ou un enregistrement vidéo. Cette technique offre la possibilité de compter le nombre et la durée de rupture des postures, et d’appréhender le contexte dans lequel ces évènements se produisent : mais seul le domaine professionnel est exploré ;
  • les capteurs individuels portés par le salarié sans perturbation de son activité ;
  • les accéléromètres qui enregistrent les accélérations sur les 3 axes permettent d’avoir des informations sur les caractéristiques du mouvement ;
  • les cardiofréquencemètres qui mesurent le rythme cardiaque ;
  • la calorimétrie au moyen d’un analyseur des échanges gazeux mais la nécessité de porter un masque recueillant en continu les gaz expirés en fait une méthode contraignante.

Ces outils peuvent être combinés pour recueillir le maximum d’informations mais les accéléromètres constituent la méthode de référence.

(publié le 1er octobre 2020)