Exposition aux bioaérosols dans les centres de tri des déchets ménagers recyclables

P. Duquenne, B. Facon Hygiène et Sécurité du Travail, 2018, n°252, pp.43-50. Bibliographie

7 000 personnes, dont 5 500 opérateurs sur chaîne travaillent dans des centres de tri des déchets de collectes séparées issues des ménages et assimilés.
Des campagnes de mesure ont été effectuées et des prélèvements individuels ont permis de mesurer dans l’air, les poussières inhalables, les endotoxines, les bactéries et moisissures cultivables.

En ce qui concerne les poussières inhalables, les postes les plus exposés concernent les opérateurs chargés du nettoyage, mais les conducteurs de grappin et les opérateurs en charge du pré-tri sont néanmoins à des niveaux plutôt élevés. Les travailleurs en cabine ventilée sont exposés à des niveaux relativement faibles.

Relativement aux endotoxines, les concentrations des niveaux d’exposition sont inférieures à la valeur guide mais les expositions les plus élevées concernent les travailleurs en charge des opérations de nettoyage.

Les expositions aux moisissures cultivables sont d’une dizaine de fois à plusieurs centaines de milliers de fois supérieures à celles mesurées aux points de référence extérieure. Les expositions les plus élevées ont été mesurées pour les personnes en charge du tri des DAE, de la maintenance et du nettoyage. Les champignons majoritaires appartiennent aux genres Penicillium, Aspergillus et Rhizopus et Wallemia qui comprennent des espèces allergisantes.

Outre les environnements, les surfaces sont aussi très empoussiérées (sols, instillations, mains courantes) ; ce qui favorise les expositions par contact ou ingestion.

Les actions de prévention à réaliser portent sur
- la limitation de la prolifération microbienne
- la limitation de la production et de la dispersion des poussières.

Les résultats indiquent la nécessité de poursuivre les efforts de réflexion concernant la prévention de ces risques biologiques.

(publié le 23 janvier 2019)