Exposition professionnelle aux cytostatiques et leurs effets CMR chez le personnel de santé : le point sur la question

N. Tigha-Bouaziz, D. Tourab, A. Nezzal Environnement et Risques Santé, ERS, 2017, vol.16, n°5, pp. 491-502. Bibliographie
Il s’agit d’une revue de la littérature à propos de la relation entre l’exposition professionnelle aux cytostatiques du personnel de santé en milieu hospitalier et leurs effets cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR).
Les résultats suggèrent "un risque CMR important pour les préparateurs et les administrateurs de chimiothérapie. Les alkylants représentent les cytostatiques les plus incriminés dans la survenue de ces effets qui sont proportionnels à la durée d’exposition.
Le risque reprotoxique chez les femmes en âge de procréer a été prouvé par la plupart des études épidémiologiques, en particulier pour les avortements, la mortalité fœtale et les malformations congénitales", le petit poids de naissance et les grossesses extra-utérines.
Le risque mutagène a été mis en évidence : aberrations chromosomiques, échange de chromatides-soeurs, micronucléi et adduits de l’ADN.
Pour le risque cancérogène, les cytostatiques n’ont pas montré un risque accru de cancers chez le personnel les préparant et les administrant, excepté pour les tumeurs hématopoïétiques et de la vessie. Leur rôle est en discussion pour certaines localisations (sein, appareil digestif, ovaire). Mais ces études souffrent de limites méthodologiques (taille trop réduite des échantillons, études rétrospectives avec risque de biais). "Une cohorte importante serait nécessaire, difficilement envisageable en milieu de travail en dehors d’une étude multicentrique".
(publié le 10 janvier 2018)