Expositions à des facteurs de risque sur la reproduction en milieu professionnel

T. Certenias, C. manangama, J. Coelho, P. Brochard, L. Sentilhes, R. Teysseire, F. Delva Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°6, pp. 489-502. Références

Cet article décrit les prévalences des expositions professionnelles à des facteurs de risque sur la reproduction en période pré-conceptionnelle, péri-conceptionnelle et pendant la grossesse chez des couples ayant consulté au centre ARTEMIS.
Le centre ARTEMIS est une plate forme d’évaluation et de prévention de la santé environnementale dédiée à la reproduction, mis en place au CHU de Bordeaux en 2016.

Entre le 1er février 2016 et le 1er juin 2018, 487 patients ont été inclus dans les analyses. Pour les couples vus pour troubles de la fertilité, les expositions pour les deux membres du couple ont été étudiées, alors que pour les couples pris en charge pour fausse couche spontanée ou malformation congénitale ou pour pathologie de la grossesse, seules les expositions de la femme ont été étudiées.

Les expositions professionnelles les plus fréquemment retrouvées chez les femmes vues pour trouble de la fertilité sont les médicaments (9,5%), les solvants (4,2%) et les pesticides (3,2%). Chez les hommes, ce sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (10,2%), les pesticides (9,3%) et les solvants (9,3%).
Chez les femmes ayant présenté des fausses couches ou des malformations congénitales chez le fœtus et chez l’enfant, les expositions professionnelles retrouvées le plus fréquemment sont les médicaments (4,8%), les pesticides (4,0%) et les solvants (4,0%).
Chez les femmes ayant présenté une grossesse pathologique, les expositions professionnelles retrouvées le plus fréquemment sont les contraintes physiques (32,3%) ou organisationnelles (6,3%), les médicaments (4,4%) et les pesticides (4,4%).
Le risque reprotoxique est sous-estimé et méconnu du médecin et est très souvent réduit à la période de la grossesse, alors qu’il touche la femme tout au long de sa vie reproductive mais aussi l’homme.
La mise en évidence du risque reprotoxique au poste de travail doit permettre au médecin du travail de limiter l’exposition du travailleur afin de garantir sa santé reproductive.

(publié le 19 février 2020)