Expositions mécaniques professionnelles et mode de vie des hommes ayant eu une cure de hernie inguinale : une étude longitudinale
Inguinal hernia repair among men in relation to occupational mechanical exposures and lifestyle factors : a longitudinal study

M. Vestergaard Vad, P. Frost, J. Rosenberg, J. H. Andersen, S. Wulff Svendsen Occupational and Environmental Medicine, 2017, vol 74, n°11, pages 769-775. Bibliographie.

Cette étude danoise évalue les relations exposition-réponse entre les expositions mécaniques professionnelles et la cure de hernie inguinale latéro-médiale et les effets sur les facteurs influençant le mode de vie : évaluer si les expositions mécaniques professionnelles augmentent la fréquence des cures.
Cette étude longitudinale a été basée sur une cohorte d’hommes âgés entre 18 et 65 ans ayant répondu à un questionnaire issu de la base de données sur la recherche sur les troubles musculo-squelettiques au centre danois Ramazzini. Les premières chirurgies herniaires réalisées entre 1998 et 2004 ont été identifiées dans la base de données danoises sur les hernies. Des analyses de régression de Cox et calculs des fractions d’excès parmi les exposés et le taux des périodes d’avancement ont été réalisées.
Parmi les 17 967 hommes, 382 chirurgies latérales et 314 chirurgies médiales ont été identifiées.
Le risque de chirurgie latérale augmentait avec le temps passé debout ou à marcher avec un excès de risque de 1,45
(IC 95 % ; de 1,12 à 1,88) pour 6 heures ou plus/jour, versus < 4h/j correspondant à une fraction excédentaire de cas de 31 % dans le groupe ≥ 6 heures/jour. Ce groupe avait un taux d’avancement périodique de 6,7 ans (correspondant au nombre d’années pour lesquelles la maladie était avancée par rapport aux non-exposés) (IC 95 % de 2,6 à 10,8).
Les cures de hernie n’étaient pas associées aux expositions mécaniques professionnelles. Un indice de masse corporelle ≥ 30 kg/m² a montré des excès de risque plus faibles pour les deux types de chirurgie. L’activité physique pendant les loisirs et le statut tabagique n’étaient liés ni à l’un, ni à l’autre de ces résultats.

Ainsi, en supposant une relation causale, ces résultats suggèrent qu’environ 30 % de toutes les chirurgies herniaires inguinales latérales initiales dans la catégorie d’exposition la plus élevée seraient évitables si le temps passé debout ou à marcher pouvait être réduit de 6h à 4h/jour. Ainsi, ces chirurgies pourraient être différées de 6 à 7 ans.

(publié le 8 mars 2018)