L’exposition des travailleurs de nuit aux facteurs de pénibilité en France : les enseignements de l’enquête SUMER 2010

N. Havet, M. Huguet, J. Tonietta Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique, 2017, vol.65, n°6, pp.397-407. Bibliographie

Cette étude exploite les résultats de l’enquête SUMER 2010 à laquelle ont participé 2400 médecins du travail qui ont rempli 47 983 questionnaires concernant des salarié vus en visite périodique.
Il en ressort que 14,6% des salariés travaillaient la nuit en France en 2010, 66% de façon occasionnelle et 34% de façon régulière. Ce travail de nuit concernait principalement les hommes et davantage les ouvriers.
Il apparaît que le travail de nuit est davantage associé aux autres facteurs de pénibilité (exposition à des agents CMR, ou à des nuisances sonores, thermiques ou à des contraintes physiques élevées), mais que cette association diffère selon la catégorie professionnelle et entre travailleurs de nuit réguliers et occasionnels (sans qu’elle soit systématiquement plus élevée pour les travailleurs de nuit réguliers et sans qu’il faille négliger les cadres).
Le travail de nuit s’inscrit dans des processus cumulatifs des risques professionnels qui auraient tendance à les aggraver et à les multiplier. Il s’ensuit une usure professionnelle plus fréquente avec des conséquences néfastes sur la santé induisant des sorties précoces de l’emploi.

Il est dès lors indispensable que les actions de prévention sur le travail de nuit mobilisent tout autant l’action sur les contenus des tâches à accomplir, que sur l’organisation du travail.

(publié le 26 janvier 2018)