Le prelèvement passif des gaz et vapeurs, une méthode simple et performante

E. Langlois Hygiène et Sécurité du Travail, 2016, n°243, pp. 6-10. Bibliographie
Pour mesurer les expositions professionnelles, on utilisait traditionnellement pour les prélèvements individuels sur les opérateurs, le prélèvement actif sur un filtre ou un support adsorbant à l’aide de pompes autonomes, mais leur utilisation nécessitait une certaine expertise.
Est apparu le prélèvement passif qui simplifie l’étape de prélèvement. Ce prélèvement passif est basé sur le principe de diffusion moléculaire. Le dispositif comprend un support adsorbant (souvent du charbon actif) à la surface duquel viennent se piéger les molécules. Ce support est séparé de l’atmosphère environnante par une zone de quelques millimètres (constituée de mousse ou de laine de quartz ou d’air séparé par plusieurs membranes poreuses) qui est le lieu de la diffusion moléculaire. Il existe différentes catégories de badges, classés en fonction de la nature du support adsorbant qu’ils contiennent.
Le débit de prélèvement est un paramètre important. Il est propre à un couple substance-dispositif. Il peut être calculé à partir de modèles théoriques, mais plus souvent déterminé de manière expérimentale. Certains facteurs influencent le débit de prélèvement [la température, la pression, l’humidité relative, la nature du support, la vitesse faciale d’air, la rétrodiffusion (en cas de concentration atmosphérique nulle)].
L’analyse des dispositifs prélevés se fait ensuite en laboratoire.
Le badge se fixe facilement sur un col ou toute zone proche de la sphère des voies respiratoires. Il peut être utilisé dans des atmosphères explosives, dans des lieux stériles ou à proximité de champs magnétiques intenses.
Les performances sont équivalentes aux dispositifs actifs, en laboratoire ou en situation réelle de travail, et quelle soit la durée du prélèvement.
L’atout des badges réside dans leur facilité d’utilisation, leur légèreté, leur faible coût.
Les limites actuelles de ces dispositifs sont le phénomène de rétrodiffusion et le manque de supports adaptés.
Il n’est de doute sur l’avenir de ce type de prélèvements qui vont devenir un outil indispensable dans le domaine de la santé au travail.
(publié le 24 novembre 2016)