Mesure de la fatigue auditive chez les téléopérateurs travaillant avec un casque téléphonique

T. Venet, A. Thomas Références en Santé au Travail, 2017, n°151, pp. 63-69. Bibliographie
Les opérateurs travaillant avec un casque téléphonique sont exposés au bruit des communications téléphoniques reçues par leur casque mais aussi au bruit environnant (proche de 55 dB(A), qui est au moins 15 dB(A) inférieur au niveau du bruit sous casque). Ce bruit ambiant conditionne néanmoins le volume du casque que l’opérateur peut régler à sa convenance.
Une étude a porté sur 39 téléopérateurs volontaires âgés de 35,5 ans en moyenne et un groupe de 16 témoins âgés de 41,5 ans en moyenne réalisant des tâches administratives ou de management.
Une mesure de l’exposition au bruit a été réalisée chez les deux groupes. Pour les téléopérateurs, a été ajoutée l’exposition du bruit des conversations sous casque à l’exposition au bruit ambiant de la plateforme, ainsi qu’une audiométrie tonale liminaire (ATL) et un test Echoscan.
Le test d’ATL, de même que le test Echoscan n’ont montré aucune différence significative entre les données avant et après une période de travail ; et dans les cinq centres d’appels testés, les téléopérateurs ne souffraient ni de fatigue auditive centrale, ni de fatigue auditive périphérique. L’exposition sous casque n’a pas paru être un facteur déclenchant de la fatigue auditive dans les conditions de travail de ces centres. La fatigue auditive déclarée par certains téléopérateurs inclus dans cette étude pourrait être causée par une fatigue cognitive.
(publié le 1er décembre 2017)