Perturbateurs endocriniens et preuves épidémiologiques en santé au travail : nécessité et défis méthodologiques

J-B. Henrotin Environnement et Risques Santé, ERS, 2017, vol.16, n°5, pp. 479-490. Bibliographie

Les études expérimentales animales sont nombreuses concernant les perturbateurs endocriniens (PE) et concluent à des effets biologiques et nocifs sur les organismes vivants, solidement argumentés.

La situation est beaucoup plus délicate en ce qui concerne les études épidémiologiques en santé au travail.

Cet article détaille les complications spécifiques de ces études en milieu de travail, notamment les difficultés

  • à quantifier les effets pour des faibles, voire de très faibles concentrations d’exposition,
  • à trouver des groupes témoins pertinents du fait de l’existence d’un bruit de fond d’exposition aux PE en population générale,
  • à repérer des effets en raison d’une focalisation sur la recherche de perturbations propres à chaque molécule alors que des effets pourraient être décrits pour des combinaisons de PE,
  • à investiguer pour des expositions à des mélanges de substances en raison de l’absence d’outils adaptés,
  • à prendre en compte l’existence de courbes doses-réponses non monotones,
  • à repérer des effets différents selon le moment de l’exposition,
  • à mesurer les niveaux d’exposition durant des fenêtres de temps relativement précises.

Devant la difficulté d’extrapoler à l’homme les données animales, il est important de développer des études épidémiologiques.

(publié le 10 janvier 2018)