Pour une meilleure prise en compte des risques professionnels dans la gestion des déchets

E. Silvente, I. Desportes Hygiène et Sécurité du travail, 2019, n°257, pp. 16-21. Bibliographie
Le secteur des déchets employait en 2017 environ 112 000 personnes représentant 8 240 entreprises dont près de 90% employaient moins de 10 salariés.
Les métiers proposés étant peu attractifs, la population salariée est relativement âgée et essentiellement masculine avec une proportion importante d’ouvriers (80%).
Les activités de collecte et de recyclage se distinguent par un taux élevé d’accidents du travail, dépassant même l’indice du secteur BTP réputé accidentogène.
Les manutentions manuelles sont responsables à elles seules de plus 50% des accidents du travail aussi bien dans la collecte que dans les activités de recyclage.
Les déclarations de maladies professionnelles concernent les TMS, les affections du rachis lombaire liées à des manutentions ou à des vibrations et une dizaine de cas concerne exposition aux fibres d’amiante ou autres composés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques comme le plomb, le mercure ou le benzène.
S’y ajoute l’exposition aux aléas météorologiques, aux horaires parfois décalés, aux chutes et au risque d’écrasement.
Enfin l’organisation est source de risques psychosociaux.
Dans les centre de tri ou de traitement des déchets, les risques sont mécaniques (heurts, cisaillements, écrasements..). Les conditions environnementales sont souvent difficiles (nuisances sonores et olfactives, poussières, biocontaminants, source de risques infectieux, toxiniques ou allergiques).
Pour améliorer la prévention des risques professionnels et les conditions de travail dans les activités associés aux déchets, l’INRS, le réseau Assurance maladie-risques professionnels et les acteurs du secteur se sont mobilisés pour agir selon différents axes : réalisation d’études et recherches sur les risques, élaboration de guides de conception de guides de bonnes pratiques et d’aide au repérage des risques et pour finir, conception de médias de sensibilisation.
(publié le 6 mars 2020)