Produits chimiques cancérogènes : des salariés trop exposés

E. Rosankis, M. Léonard Concours Pluripro, 2021, vol.143, n°5, pp. 36-39. Références

Selon l’enquête SUMER 2017, ce sont près de 2,8 millions de salariés, soit 1% d’entre eux qui ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène ; ce qui correspond à 4 500 000 situations d’exposition du fait de la multi-exposition à des agents cancérogènes d’une partie de ces salariés.
Les sujets les plus exposés sont les ouvriers qualifiés, les ouvriers non qualifiés, les jeunes dont les apprentis, les intérimaires, les agents à statut précaire et les salariés des petites structures (prévention généralement moins formalisée). Ils se retrouvent essentiellement dans les secteurs de la réparation automobile, du formage de métal, de la maintenance, puis du gros œuvre du bâtiment.

Les quatre produits cancérogènes les plus fréquemment retrouvés sont :

  • les gaz d’échappement diesel qui touchent 4% de l’ensemble des salariés, avec des expositions sur des durées longues pour 20% d’entre eux (20h ou plus par semaine) et des intensités fortes ou très fortes pour 9%. Les mesures de protection collective restent insuffisantes et bon nombre de garages automobiles ne sont pas équipés de système d’aspiration à la source des gaz d’échappement.
  • la silice : il n’y a pas que les salariés des mines et carrières et ceux affectés au creusement de tunnels qui souffrent des ces expositions ; s’y ajoutent notamment les salariés de l’industrie du verre, du cristal, de la fabrication des matériaux de construction, de la taille de pierres, des fonderies et de l’agriculture. _ La protection collective est peu présente mais la protection individuelle progresse.
  • l’amiante : les salariés du secteur de la construction sont les plus concernés. Les expositions sont sur des durées courtes et à des intensités faibles, mais les protections collective et/ou individuelle sont insuffisantes.
  • le formaldéhyde : il es responsable de cancers naso-pharyngés en cas d’exposition longue et intense. La protection collective est insuffisante (18%) et les protections individuelles sont essentiellement cutanées.

"Malgré de réels progrès au cours des deux dernières décennies, il reste encore des améliorations très importantes à faire en matière de prévention collective et individuelle pour préserver la santé des salariés vis-à-vis de ces cancérogènes".

(publié le 30 juin 2021)