Travail et risques pour la reproduction : anticiper pour mieux prévenir

S. Malard Références en Santé au Travail, 2020, n°164, pp. 65-69. Références

Cet article passe en revue les multiples risques auxquels peuvent être exposés les travailleurs dans le cadre de leur activité professionnelle : nuisances physiques, biologiques et psycho-organisationnelles, responsables d’atteintes de la fertilité masculine et féminine mais aussi du développement de la descendance.

En fonction du contexte d’exposition, les conséquences sont différentes : troubles de la fertilité lors d’expositions à certains métaux lourds, pesticides, plastifiants, solvants, médicaments cytostatiques, rayonnements ionisants et non-ionisants, chaleur, vibrations, ou à des perturbateurs endocriniens tels que les phtalates et les bisphénols. Pour certaines substances, des valeurs toxicologiques de référence sont publiées.
Au cours de la grossesse, les effets potentiels varient selon le stade et d’une façon générale, les anomalies du développement augmentent en fréquence et en intensité avec la dose. Il faut tenir compte des agents chimiques, mais aussi des rayonnements ionisants, des rayonnements électromagnétiques hautes et basses fréquences, du bruit, de la charge physique, de certains agents infectieux.
Au stade de l’allaitement, il faut se méfier de certains métaux ou agents infectieux susceptibles de passer dans le lait maternel.

C’est dire que la démarche d’évaluation des risques est complexe, reposant sur une analyse précise des risques par genre, mais aussi en tenant compte de la réalité des expositions à certaines périodes de vulnérabilité que sont l’avant conception, la grossesse à certaines périodes de formation d’un organe cible, l’allaitement. Elle doit se faire avec le soutien et la collaboration des services de santé au travail. L’information des salariés en âge de procréer est d’une extrême importance car la réglementation visant à protéger les femmes enceintes ne s’applique qu’une fois la grossesse déclarée.
Hommes et femmes ayant un projet de procréation doivent être encouragés à contacter le médecin du travail afin de supprimer ou limiter les risques susceptibles de nuire à la fertilité et au développement de la descendance.

(publié le 26 janvier 2021)