Coactivité : gérer la sous-traitance

B. Jaguenaud, A. Philip, M-A. Khan, V. Perche, interview de D. Bigot Face au Risque, n°563, pp. 23-34
Les interventions d’entreprises extérieures au sein d’établissements générent des interférences entre les différentes activités, susceptibles de créer de nombreux risques qui doivent faire l’objet d’une prévention spécifique.
Le cadre est réglementé : plan de prévention, protocole de sécurité (en cas d’opérations de chargement/déchargement effectuées par une entreprise extérieure), plan général de coordination, plan particulier de sécurité et de protection de la santé, selon le type, la durée et le volume du travail.
Mais le fait de remplir tous les documents prescrits par la réglementation ne suffit pas pour décharger l’entreprise utilisatrice de sa responsabilité. 15% des victimes d’accidents mortels appartiennent à des entreprises extérieures effectuant des travaux dans d’autres entreprises, dites utilisatrices. L’entreprise donneuse d’ordres et les sous-traitantes doivent procéder conjointement à une analyse des risques pour établir le plan de prévention. "Il ne s’agit pas d’une délégation totale de la tâche à effectuer mais d’un partenariat qui impose au donneur d’ordres d’investir aussi en accompagnement, en surveillance et en informations". Les rôles et les responsabilités de chacune des enteprises doivent être clairs, afin d’instaurer un climat de confiance.
Enfin, il faut ajouter les "risques d’interférence générés par les accès de télémaintenance mis en place dans l’industrie afin que les constructeurs puissent dépanner rapidement les équipes et limiter ainsi l’indisponiblité des machines". Mais ces flux de données partagées engendrent de nouvelles portes d’entrée vers les systèmes, créant des risques d’intrusion par de potentiels attaquants. Le risque zéro n’existant pas, ne faudrait-il pas prévoir un mode de fonctionnement dégradé, c’est à dire à l’ancienne, en mode autonome ? Mais cela ne s’improvise pas. Il faut donc s’y préparer.
(publié le 23 June 2020)