Santé au travail - La contamination continue (concerne amiante)

C. Maillard L’Usine Nouvelle, 2021, n°3692, pp. 124-126
L’INRS (Institut national de recherche et sécurité au travail) évalue entre 1 et 2 millions le nombre de salariés susceptibles d’intervenir sur des matériaux amiantés, en plus des 10 000 du métiers du désamiantage.
"Les salariés les plus exposés à l’amiante sont sans conteste ceux qui travaillent dans la démolition de bâtiments... mais il y a aussi tous les artisans du bâtiment, plombiers, électriciens, chauffagistes et les ouvriers et techniciens de maintenance qui interviennent sur les installations amiantées, dans l’industrie."
Mais le principal enjeu consiste aujourd’hui à savoir où est l’amiante. Et les efforts portent sur l’amélioration du repérage de l’amiante, car les salariés des PME et les artisans ont une "mauvaise connaissance du risque" et les jeunes disposent d’une formation au risque amiante, insuffisante. Pourtant le dossier technique amiante (DTA) est une obligation pour tous les bâtiments professionnels ou accueillant du public et toutes les usines construites avant 1997.
Ce document doit être communiqué à toute entreprise qui intervient sur le bâtiment, mais aussi au directeur de l’établissement et aux usagers qui le réclament.
Il est noté une augmentation régulière chez les femmes de cas de mésothéliomes pleuraux imputables à l’amiante (ayant travaillé dans des zones répertoriées comme amiantées). Les difficultés viennent des sous-traitances en cascade et de la précarisation du travail qui permet d’externaliser les risques.
Un dispositif de cessation anticipée d’activité a été créé en 1998 pour les salariés de certaines entreprises répertoriées et le FIVA (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) a permis une indemnisation intégrale du préjudice.
En 2002, est invoquée la faute inexcusable de l’employeur qui n’a pas protégé ses salariés, permettant une indemnisation des victimes.
S’y est ajouté à partir de 2000, un préjudice d’anxiété pour les salariés exposés à l’amiante, mais pas encore malades ; préjudice qui concerne désormais tout salarié exposé à une substance toxique ou nocive.
(publié le 23 septembre 2021)