Enquête de mortalité dans une usine de production d’objets en amiante-ciment dans la province de Pavie
Studio di mortalità in una fabbrica per la produzione di manufatti in cemento-amianto in provincia di Pavia

E. Oddone, D. Ferrante, T. Cena, S. Tunesi, P. Amendola, C. Magnani La Medicina del Lavoro, 2014, vol. 105, n°1, pages 15-29. Bibliographie.

A ce jour, aucune étude n’avait rapporté les ratios standardisés de mortalité (SMR) par cause spécifique pour les travailleurs de l’amiante-ciment de l’établissement situé à Broni (province de Pavie, Italie). Ce site industriel fait partie de ceux qui sont spécifiquement ciblés par la loi italienne (SIN – Site d’Intérêt National pour les améliorations).

L’objectif de cette enquête était de fournir les SMRs par cause spécifique pour les travailleurs de l’amiante-ciment dans l’usine de Broni (province de Pavie, Italie), avec une attention particulière sur la durée d’emploi et la latence. Les SMRs par cause spécifique pour les travailleurs de l’amiante-ciment (1 296 travailleurs salariés depuis le 1/01/1950 et avec une période de suivi du 1/01/1970 au 30/06/2004 : 1 254 hommes et 42 femmes, 545 décès, 523 hommes et 22 femmes) ont été calculés en recourant aux taux de mortalité par cause spécifique de la région Lombardie. De la même manière, pour les mésothéliomes pleural et péritonéal et le cancer du poumon chez les travailleurs masculins, les SMRs selon la durée d’emploi et la latence d’apparition ont été calculés. Des augmentations significatives des SMRs ont été observées chez les travailleurs masculins pour le mésothéliome pleural (SMR 17,99 ; IC 95 % 11,75-26,36) et pour le mésothéliome péritonéal (SMR 10,10 ; IC 95 % 4,05-20,77) les mésothéliomes et le cancer du poumon (SRM 1,26 ; IC 95 % 1,02-1,55) et chez les travailleuses pour le mésothéliome pleural (SMR 68,90 ; IC 95 % 8,33-248,90) et le cancer de l’ovaire (SMR 8,56 ; IC 95 % 1,04-30,91). Une tendance significative au risque pour le mésothéliome pleural a été observée, uniquement chez les travailleurs masculins, en fonction de la durée d’emploi et pour le cancer du poumon selon la latence d’apparition. Des SMRs significativement diminués ont été observés, chez les travailleurs masculins pour toutes les causes de décès, les affections cardiovasculaires et respiratoires.

En conclusion, les résultats de cette enquête de cohorte ont montré une augmentation des SMRs pour les mésothéliomes pleural et péritonéal et le cancer du poumon chez les travailleurs masculins et pour le mésothéliome pleural et le cancer de l’ovaire chez les femmes salariées. Ces résultats sont cohérents avec les données de la littérature.

(publié le 16 juin 2014)