Exposition aux pesticides et risque de maladie de Parkinson – une enquête cas-témoin en population générale évaluant les biais potentiels de mémorisation

Pesticide exposure and risk of Parkinson’s disease – a population-based case-control study evaluating the potential for recall bias K. Rugbjerg, A. Harris, H. Shen, S. Marion, J. Tsui, K. Teschke Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2011, vol 37, n°5, pages 427-436. Bibliographie.

Le but de cette enquête était d’explorer dans quelle mesure l’exposition aux pesticides était associée avec la maladie de Parkinson dans une enquête cas-témoin en population générale de la Colombie Britannique, au Canada.

Les auteurs danois et canadiens, ont identifié et recruté les cas parmi les patients ayant bénéficié de remboursements pour des médicaments anti-parkinsoniens. Les témoins ont été sélectionnés à partir de la base de données universelle de santé, appariés à l’échantillon des cas par l’année de naissance, le sexe et la région géographique. Un total de 403 cas et de 405 témoins ont été interrogés sur leur profession, leurs histoires d’habitudes personnelles et médicales, et leurs croyances sur les facteurs de risque de la maladie de Parkinson. Parmi ceux ayant signalé une exposition aux pesticides, une revue de l’hygiène professionnelle a permis de sélectionner les participants « au-delà du niveau de base » (c’est-à-dire au-dessus du niveau attendu dans la population générale). Une régression logistique non conditionnelle a été utilisée pour estimer les associations pour les différentes catégories de pesticides. Parmi les cas, 74 (18%) signalaient une exposition aux pesticides et 37 (9%) ont jugé avoir été exposés au-delà du niveau de base. L’exposition auto-signalée était associée avec un risque augmenté [odds ratio (OR) 1,76 ; intervalle de confiance 95% (IC 95%) 1,15 à 2,70], cependant le risque estimé était diminué à la suite de la revue d’hygiène professionnelle lorsqu’on se restreignait à ceux considérés comme exposés (OR 1,51 ; IC 95% 0,85 à 2,69). Quand le travail agricole était ajouté dans le modèle, le risque d’exposition aux pesticides confirmé par la revue d’hygiène professionnelle n’était pas élevé (OR 0,83 ; IC 95% 0,43 à 1,61), mais le travail agricole l’était (OR 2,47 ; IC 95% 1,18 à 1,51). Plus du double des cas par rapport aux témoins pensait que les produits chimiques étaient la cause de la maladie de Parkinson.

En conclusion, cette enquête fournit peu de soutien à l’hypothèse que l’exposition aux pesticides soit une cause de maladie de Parkinson. Le modèle observé de diminution pas à pas des estimations du risque pourrait indiquer une mémorisation différentielle du fait d’être un cas. La relation avec les métiers agricoles suggère que les expositions en agriculture – autres que les pesticides – pourraient être considérées comme des facteurs de risque de la maladie de Parkinson.

(publié le 2 février 2012)