Irradiations à faibles doses et risque de pathologie cardiovasculaire : revue des études épidémiologiques

C. Metz-Flamant, A. Bonaventure, F. Milliat, M. Tirmarche, D. Laurier, M.O. Bernier Revue d’Epidémiologie et de santé Publique, 2009,n°5, p.347-359. Bibliographie
Cette revue de la littérature propose une synthèse des résultats épidémiologiques relatifs aux effets à long terme des irradiations à faibles et moyennes doses ente 0 et 5 gray (Gy) sur le système cardiovasculaire. Les populations concernées sont les survivants des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, les personnes exposées professionnellement (liquidateurs de Tchernobyl, travailleurs de l’industrie nucléaire, radiologues, manipulateurs en radiologie et personnels navigants) ou pour raison médicale.
Cette revue a analysé 39 études. Des excès de risques significatifs de mortalité et d’incidence de pathologie cardiovasculaire ont été mis en évidence pour les liquidateurs russes de Tchernobyl et dans plusieurs études sur les travailleurs du nucléaire. Trois études sur les six concernant les radiologues ou les manipulateurs en radiologie retrouvaient des excès de pathologie cardiovasculaire. Ces résultats sont confirmés par l’étude des patients traités pour cancer du testicule.
Cependant ces études ont des limites : information incomplète des doses externes reçues (sauf pour les travailleurs du nucléaire), information absente sur les facteurs de risque cardiovasculaire individuels.
Il apparaît qu’à de si faibles niveaux de dose, il est difficile d’individualiser le risque lié aux radiations, des autres facteurs de risque de pathologie cardiovasculaire et en l’absence de mécanisme physiopathologique patent de l’effet des faibles doses sur le système cardiovasculaire, il est nécessaire d’interpréter les résultats épidémiologiques avec prudence.
Il convient de poursuivre des études sur ce thème car en effet la confirmation d’un risque cardiovasculaire pour de faibles doses d’irradiation aurait des implications pour la radioprotection des professionnels et des patients exposés.
(publié le 19 février 2010)