La contrainte au travail et le risque de pension d’invalidité due aux troubles musculosquelettiques, à la dépression ou aux maladies coronariennes : une enquête de cohorte prospective de 69 842 salariés

Job strain and the risk of disability pension due to musculoskeletal disorders, depression or coronary heart disease : a prospective cohort study of 69 842 employees A. Mäntyniemi, T. Oksanen, P. Salo, M. Virtanen, N. Sjösten, J. Pentti, M. Kivimäki, J. Vahtera Occupational and Environmental Medicine, 2012, vol 69, n°8, pages 574-581. Bibliographie.

Les enquêtes d’observation suggèrent que la forte contrainte au travail est un facteur de risque de retraite pour raisons de santé, mais peu d’études ont analysé les diagnostics spécifiques. Les auteurs finlandais ont examiné l’association de la contrainte au travail avec les pensions d’invalidité pour toute cause et pour des causes spécifiques.

Les réponses aux questions sur la contrainte au travail d’une enquête de 48 598 salariés du secteur public (taux de réponse de 68 %) effectuée en Finlande de 2000 à 2002 ont été utilisées pour déterminer des unités de travail et des scores basés sur la profession. Ces scores de contrainte au travail ont été assignés à l’ensemble des 69 842 salariés des mêmes unités de travail ou de professions. Tous les participants ont été liés au registre des pensions d’invalidité du Centre Finnois des Pensions sans perte de suivi. Des modèles de risque proportionnel de Cox ont été utilisés pour calculer les ratios de risque (HRs) et leurs intervalles de confiance à 95 % (IC 95 %) pour les pensions d’invalidité ajustés pour la démographie, les caractéristiques de l’unité de travail et l’état de santé au départ dans les analyses stratifiées selon le sexe et la position socio-économique.

Au cours d’un temps moyen de suivi de 4,6 années, 2 575 participants (4 %) ont bénéficié d’une pension d’invalidité. Une augmentation d’une unité du score de contrainte au travail était associée avec un risque de 1,3 à 2,4 fois plus élevé de relever d’une pension d’invalidité due aux troubles musculosquelettiques chez les hommes, les femmes et les travailleurs manuels, dépendant de la mesure de la contrainte au travail (basée sur l’unité de travail ou la profession). Le risque de pension d’invalidité due aux maladies coronariennes était augmenté chez les hommes ayant une forte contrainte au travail mais pas chez les femmes ni chez un quelconque groupe socio-économique. Aucun modèle consistant n’a été trouvé pour la pension d’invalidité due à la dépression.

En conclusion, une forte contrainte au travail est un facteur de risque de pension d’invalidité due aux troubles musculosquelettiques.

(publié le 14 janvier 2013)