Profession et infertilité masculine : éthers de glycol et autres expositions

Occupation and male infertility : glycol ethers and other exposures N. CHERRY, H. MOORE, R. Mc NAMEE, A. PACEY, G. BURGESS, J.A. CLYMA, M. DIPPNALL, H. BAILLIE, A. POVEY, centres participants du CHAPS-UK Occupational and Environmental Medicine, 2008, vol. 65, n° 10, pages 708-714. Bibliographie

Les objectifs de cette enquête britannique étaient d’explorer la relation entre l’infertilité masculine et les expositions professionnelles, en particulier aux éthers de glycol.

Une enquête cas-référent a été élaborée dans laquelle des hommes consultant entre 1999 et 2002, dans 14 consultations spécialisées dans la fertilité de 11 centres répartis dans le Royaume-Uni ont été recrutés après 12 mois de rapports sexuels non protégés et sans analyses préalables de sperme. Les cas étaient ceux ayant une faible concentration en spermatozoïdes mobiles (C5M) par rapport au temps écoulé depuis leur dernière éjaculation (C5M < 12x106 après 3 jours d’abstinence). Les référents étaient les autres hommes consultant dans ces consultations et ayant les critères d’inclusion. Un seul échantillon de sperme a été recueilli à la consultation et analysé au laboratoire d’andrologie desservant chaque hôpital. La concentration a été déterminée manuellement avec une évaluation de la mobilité centralisée à partir d’enregistrements vidéo. Les expositions et les facteurs de confusion ont été évalués à partir d’auto-questionnaires et de questionnaires complétés au décours d’entretiens avec des infirmières, remplis avant les résultats du spermogramme. Les histoires professionnelles ont été évaluées pour des expositions selon les normes du Royaume-Uni par une équipe d’hygiénistes industriels ignorant qui étaient les cas et qui étaient les référents.

Parmi les 2 118 hommes en activité au moment de l’entretien, 874 (41,3%) étaient des cas. Le travail avec des solvants organiques, en particulier des éthers de glycol, au cours des 3 mois précédant la première consultation était associé avec la probabilité d’un faible comptage de spermatozoïdes mobiles. Les odds ratio (OR) non ajustés pour une exposition modérée et élevée aux éthers de glycol (par rapport à aucune exposition) étaient de 1,70 (IC 95% 1,11 à 2,61) et de 2,54 (IC 95% 1,24 à 5,21). L’ajustement pour les facteurs de confusion potentiels (chirurgie testiculaire, conception antérieure, port de boxer shorts, consommation d’alcool, travailleur manuel) diminuait le risque associé avec l’exposition aux éthers de glycol : modéré OR = 1,46 (IC 95% 0,93 à 2,28), élevé OR = 2,25 (IC 95% 1,08 à 4,69). Aucun autre facteur de risque professionnel n’a été identifié.

En conclusion, l’exposition aux éthers de glycol était liée à un comptage faible de spermatozoïdes mobiles chez les hommes consultant dans les consultations spécialisées dans la fertilité. Ceci suggère que, au moment de l’enquête, les éthers de glycol continuaient d’être un risque pour la fertilité masculine.

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(publié le 11 mars 2009)