Risque de tumeurs cérébrales en relation avec les doses estimées de radio-fréquence provenant des téléphones portables : résultats de cinq pays de l’Enquête Interphone

Risk of brain tumours in relation to estimated RF dose from mobile phones : results from five interphone countries E. Cardis, B.K. Armstrong, J.D. Bowman, G.G. Giles, M. Hours, D. Krewski, M. McBride, M.E. Parent, S. Sadetzki, A. Woodward, J. Brown, A. Chetrit, J. Figuerola, C. Hoffman, A. Jarus-Hakak, L. Montestruq, L. Nadon, L. Richardson, R. Villegas, M. Vrijheid Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°9, pages 631-640. Bibliographie.

Les objectifs de cette enquête internationale étaient d’examiner les associations de tumeurs cérébrales avec les champs de radio-fréquence (RF) provenant des téléphones portables. Des patients ayant une tumeur cérébrale australiens, canadiens, français, israéliens et néo-zélandais faisant partie de l’Enquête Interphone, dont les tumeurs avaient été localisées par des neuroradiologistes, ont été analysés. Des témoins ont été appariés sur l’âge, le sexe, et la région ainsi que sur la « localisation tumorale » de leur cas apparié. Les analyses ont inclus 553 cas de gliomes et 676 cas de méningiomes et, respectivement de 1 762 et 1 911 témoins. Les doses de RF ont été estimées comme l’énergie spécifique cumulative totale (ESCT ; J/kg) absorbée au centre estimé de la tumeur en prenant en compte de multiples composants de l’exposition aux RF. Les ORs avec "avoir toujours été un utilisateur régulier de téléphone portable" étaient de 0,93 (IC 95 % 0,73 à 1,18) pour les gliomes et de 0,80 (IC 95 % 0,66 à 0,96) pour les méningiomes. Les ORs pour les gliomes étaient inférieurs à 1 dans les quatre premiers quintiles d’ESCT mais supérieurs à 1 dans le quintile le plus élevé, 1,35 (IC95 % 0,96 à 1,90). L’OR augmentait avec l’augmentation ESCT plus de 7 ans avant le diagnostic (p de tendance 0,01 ; OR 1,91 ; IC 95 % 1,05 à 3,47 dans le quintile le plus élevé). Une analyse complémentaire dans laquelle 44 cas de gliomes et 135 cas de méningiomes dans la zone cérébrale la plus exposée par rapport aux gliomes et aux méningiomes localisés ailleurs dans le cerveau, montrait une augmentation des ORs pour les tumeurs dans les parties les plus exposées du cerveau chez ceux ayant plus de 10 ans d’utilisation de téléphone portable (OR 2,80 ; IC 95% 1,13 à 6,94 pour les gliomes). Les caractéristiques pour les méningiomes étaient semblables, mais les ORs étaient plus bas, bien en-dessous de 1,0.

En conclusion, les auteurs ont constaté des suggestions d’un risque augmenté de gliomes chez les utilisateurs au long cours de téléphone portable ayant des expositions élevées aux RF et de suggestions similaires, mais apparemment plus petites, d’un risque augmenté de méningiomes. L’incertitude de ces résultats requiert qu’ils soient retrouvés dans d’autres études avant qu’une interprétation causale puisse être faite.

(publié le 8 février 2012)