EpiNano : dispositif national de survfeillance épidémiologique des travailleurs exposés aux nanomatériaux manufacturés
Le rôle central du médecin du travail

N. Renaudie, V. Tassy, Y. Iwatsubo, B. Sobczak, I.Tordjman, P. Maladry, I. Delabre, S. Ducamp, P. Empereur-Bissonnet, I. Bonmarin, K. Chami Références en Santé au Travail, 2017, n°152, pp. 15-19. Bibliographie

Les résultats des études toxicologiques portant sur les nanomatériaux suggèrent des effets biologiques délétères, tels que l’inflammation, la cancérogenèse, voire la génotoxicité. Mais il n’existe pas à ce jour d’étude épidémiologique portant sur les effets chez l’homme d’une exposition chronique à des nanomatériaux manufacturés.
L’utilisation de ces nanomatériaux concerne une multitude de secteurs d’activité et leur utilisation est croissante.
Les travailleurs peuvent être exposés à partir de nanomatériaux purs ou mélangés à une matrice ou lors de l’usinage de ces matériaux. Il n’existe pas actuellement de méthode de mesure et d’analyse des nanoparticules dans l’air.

Sur une saisine conjointe DGT-DGS, le dispositif national EpiNano a été mis en place par Santé Publique France depuis 2014.
L’objectif est d’établir et de suivre de manière prospective au fil des années une cohorte de travailleurs potentiellement exposés à quatre familles de nanomatériaux manufacturés.
Après repérage des entreprises concernées, les postes de travail exposants sont identifiés et classés par une méthode standardisée. Les salariés concernés sont invités à participer par auto-questionnaire.
Le médecin du travail est un acteur central du dispositif. Son appui est primordial pour la constitution de cette cohorte qui est une première mondiale sur le sujet. Ses rôles se partagent entre la vérification de l’éligibilité de l’entreprise à rejoindre la cohorte, la promotion auprès de l’entreprise et des salariés de l’intérêt à prendre part à cette surveillance, la désignation d’un investigateur au sein de l’équipe pluridisciplinaire du service de santé au travail et le suivi de la traçabilité des actions menées et du suivi médical individuel.

(publié le 9 février 2018)