Outils de dépistage pour prévoir le retour au travail après longue maladie
Screening instruments for predicting return to work in long-term sickness absence

A.M.H. Momsen, C.M. Stapelfeldt, C.V. Nielsen, M.B.D. Nielsen, R. Rugulies, C. Jensen Occupational Medicine 2017, vol 67, n°2, pp. 101-108. Bibliographie.
Les symptômes somatiques multiples sont fréquents et peuvent causer un arrêt de travail prolongé pour maladie (SA) et un échec au retour au travail (RTW). Cette étude danoise et norvégienne compare trois outils de dépistage et leurs capacités discriminantes en matière de retour au travail. Une étude de cohorte longitudinale a été menée auprès de participants issus de deux centres d’emplois municipaux, ayant au moins 8 semaines d’absence. Les outils utilisés étaient la check-list des symptômes de détresse somatique (SCL-SOM) (score de 0 à 48 points), le questionnaire sur le syndrome de détresse corporelle (BDSQ) (score de 0 à 120 points) et le questionnaire sur l’état de santé auto-évalué (SRH) (score de 1 à 5 points). La valeur prédictive de ces outils a été explorée dans une analyse temps-évènement. Différents seuils ont été analysés pour trouver le plus grand nombre de cas de RTW correctement classifiés, identifiés dans un registre sur l’indemnisation. L’étude a concerné 305 sujets. Le risque relatif ajusté concernant la prévision du retour au travail était de 0,89 (IC 95 % de 0,83 à 0,95) ; 0,89 (IC 95 % de 0,83 à 0,95) et 0,78 (IC 95 % de 0,70 à 0,86), pour respectivement 5,10 et 1 point d’augmentation du SCL-SOM, BDSQ et SRH. Après ajustement mutuel pour ces 3 outils, seule la prédiction du retour au travail par le SRH est restée statistiquement significative à 0,81 (IC 95 % 0,72 à 0,92). La plus haute sensibilité (86%) a été trouvée par le SRH au seuil ≤ 5, auquel 62 % des retours à l’emploi ont été bien classés. Ces 3 outils prédisent le RTW mais seul le SRH reste un prédicteur significatif après ajustement pour le SCL-SOM et le BDSQ. La SRH offre une alternative efficace à des outils qui prennent plus de temps à utiliser tels que le SCL-SOM et BDSQ, afin d’estimer les chances de retour au travail après maladie.
(publié le 20 février 2018)