Qu’est-ce que la surveillance épidémiologique ?

I. Grémy La Revue du Praticien, 2016, Vol.66, N°9, pp. 957-962. Bibliographie

La définition proposée en 1963 de la surveillance épidémiologique reste d’actualité. Il s’agit d’un "processus systématique de collecte, d’analyse et d’interprétation de données sur des événements de santé spécifiques importants pour la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des pratiques en santé publique, étroitement associées à leur juste diffusion à ceux qui ont besoin d’être informés".
Non seulement, cette surveillance porte sur des événements de santé qu’il a été choisi a priori de surveiller, mais doit aussi permettre d’alerter pour détecter des phénomènes de santé inattendus et c’est alors que le concept de veille sanitaire s’est développé.

Ces systèmes de surveillance reposent sur des sources de données multiples : les enquêtes épidémiologiques, les systèmes de surveillance dédiés ou spécifiques, et un certain nombre de bases données médico-administratives produites pour une autre finalité que la surveillance épidémiologique. Ces systèmes "cherchent la précision de la mesure, l’exhaustivité et la certitude du diagnostic". Ils sont au fil du temps de plus en plus réactifs.
Parallèlement se sont développés des systèmes de surveillance non spécifiques ou syndromiques tels que le système de surveillance sanitaire des urgences et des décès (Sur-SaUD). Ils permettent des analyses nationales mais aussi régionales et locales. Leur intérêt est de détecter des signes d’alerte bien avant l’explosion de la maladie, ce qui permet donc la mise en œuvre rapide de mesures de prévention. Ces systèmes "apportent leur sensibilité, leur réactivité et leur flexibilité".
Ces deux approches sont très complémentaires.
"La contribution de ces systèmes d’information (et des professionnels de santé qui sont amenés à les renseigner) est essentielle à l’élaboration des politiques publiques de santé".

(publié le 12 janvier 2017)