Alimentation des sages-femmes travaillant la nuit : un défi de taille

M. Jemel, H. Kandara, W. Nada, M. Ridan, I. Kammoun Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2020, vol.81, n°2, pp. 124-130. Références

Une étude épidémiologique, descriptive, transversale a été menée auprès de 50 sages-femmes travaillant en horaire décalé ou la nuit, en salles d’accouchement des services de maternité du Grand Tunis.
Deux groupes ont été constitués : le groupe G12 composé de 25 sages-femmes travaillant 12h selon l’horaire 7h-19 h ou 19h-7h et le groupe G24 composé de 25 sages-femmes travaillant 24h de suite, de 9h du matin à 9h du matin le jour suivant.
L’enquête alimentaire réalisée par questionnaire s’est intéressée aux apports le jour de garde, le jour avant la garde et le jour après la garde. Le profil pondéral des participantes a été pris en compte.
Les résultats font état d’un apport énergétique total supérieur aux recommandations (plus de 2200Kcal /jour durant les trois jours) quel que soit le groupe et d’un grignotage pendant la garde. Les boissons gazeuses et le café étaient plus consommées la nuit de garde et majoritairement dans le groupe G24.
Les données anthropométriques avant et après le travail ont montré une majoration de la surcharge pondérale de 33% et l’apparition d’une obésité stade III dans 4% des cas.
Aucune consommation d’alcool n’a été signalée. Le tabagisme actif était faible (6%).
ll ressort de cette étude des troubles des habitudes alimentaires dans cette population de sages-femmes, associés à un risque accru de développer une surcharge pondérale, voire une obésité.

Les limites de cette étude sont le nombre restreint de participants (50) et l’inexistence de poste de jour pour effectuer des comparaisons. Une éducation nutritionnelle est néanmoins à privilégier pour cette catégorie de personnel hospitalier.

(publié le 2 octobre 2020)