Dr Patrice Peyrat, chirurgien au CLB Lyon
" Trois propositions pour diminuer l’impact de la lumière sur la fatigue du chirurgien"

P. Peyrat interviewé par I. Catala Le Quotidien du Médecin, 2020, n°9803, p. 6

Une étude a été menée en collaboration entre le Centre de lutte contre le Cancer Léon Bérard (Lyon), l’école d’orthoptie Université Claude Bernard Lyon 1 et le fabricant d’éclairage opératoire Maquet Getwinge Getinge Group, afin d’évaluer l’impact de l’éclairage opératoire sur la fatigue visuelle.
Des tests orthoptiques ont été réalisés (dans une salle annexe du bloc), avant et après une laparotomie d’au moins trois heures chez deux opérateurs réalisant le geste et une infirmière circulante dans le bloc opératoire (considérée comme témoin).
Quarante observations ont été réalisées chez 12 sujets (7 chirurgiens et 5 infirmières circulantes) : 12 concernaient une intensité faible, 14 une intensité moyenne et 12 une intensité forte.
"La comparaison des cas et des témoins montre une différence significative dans les tests de vision binoculaire et la vision de loin en divergence.
La comparaison pré et post-opératoire chez les chirurgiens conclut à une différence significative de la vision bi ou uniloculaire en relâchement et en accommodation et de la vision de prés en divergence et en fusion.
L’intensité lumineuse n’a de son côté pas sembler influer sur la fatigue visuelle dans cette étude, qui souffre de quelques biais.

Néanmoins, trois recommandations sont proposées pour diminuer l’impact de la lumière sur la fatigue visuelle :

  • éviter les contrastes forts entre le champ opératoire et l’ambiance lumineuse de la salle,
  • débuter l’intervention avec un éclairement le plus faible possible (d’autant que l’éclairage minimum fourni atteint déjà 40 000 lux) et augmenter de façon très progressive à mesure que le champ est plus profond et plus sombre,
  • éviter de surexposer le champ opératoire lorsqu’il existe deux éclairages, car les niveaux d’éclairement s’additionnent.
(publié le 30 mars 2020)