Risques psychosociaux et syndrome d’épuisement professionnel des professionnels de soins hospitaliers

O. Laraqui, N. Manar, S. Laraqui, R. Hammouda, F. Deschamps, Ch. Laraqui Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°5, pp. 386-397. Références

Le personnel hospitalier constitue une cible particulière des risques psychosociaux notamment le stress et le burnout.
Une enquête épidémiologique, observationnelle et transversale par auto-questionnaire a été menée en 2017 au sein de trois structures hospitalières de la ville de Casablanca (Maroc), dans l’objectif d’apprécier les risques psychosociaux, le syndrome d’épuisement professionnel et ses composantes chez les professionnels de soins hospitaliers (ensemble des 496 médecins et 1087 infirmiers ayant au moins deux années d’ancienneté, titulaires et exerçant à temps plein).
L’auto-questionnaire comportait quatre parties : les données sociodémographiques, les données socio-professionnelles, le questionnaire de Karasek qui cote trois dimensions de l’environnement psychosocial au travail (la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social) et l’échelle de Maslach composée de trois dimensions : l’épuisement professionnel, la déshumanisation ou dépersonnalisation et le sentiment d’accomplissement de soi au travail.

1086 questionnaires étaient exploitables, soit un taux de participation de 68,6%.
Les résultats font état :
d’un score élevé

  • de l’épuisement émotionnel, observé chez 29% de la population étudiée
  • de la dépersonnalisation (25,9%),

et d’un score bas de l’accomplissent personnel (36,9%).

La prévalence du burn-out (BO) était de 59,7% (55,8% pour les médecins et 61,6% pour les infirmiers).
Etaient plus concernées par le burnout : les femmes, les tranches d’âge inférieure ou égale à 30 ans ou supérieure à 50 ans, les personnes vivant seules, le pôle anesthésie-réanimation-urgence principalement, suivi par le pôle chirurgical.
Les personnes souffrant de BO adoptaient plus souvent des conduites de compensation avec des substances psychoactives et avaient une pratique sportive moins fréquente.
" La conjonction de la tension au travail (jobstrain), de l’environnement professionnel désagréable (locaux et matériels inadéquats) et des difficultés socio-économiques (salaires bas, problèmes de trajet, etc.) constituerait le principal facteur de risque du BO qui était plus élevé chez les infirmiers que chez les médecins".

(publié le 30 janvier 2020)