Troubles musculosquelettiques et risques psychosociaux dans une population de conducteurs ambulanciers hospitaliers

C. Solitaire, F. Martin Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol. 80, n°3, pp. 191-198. Références

65 conducteurs-ambulanciers (CA) de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) ont été sollicités afin de déterminer la prévalence des TMS et des RPS et d’évaluer les liens entre les deux.
Le questionnaire utilisé pour l’étude est celui de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et comporte des questions définissant les caractéristiques générales des sujets, les plaintes liées aux TMS et le vécu au travail.
Les participants (61) ont été interrogés par l’investigateur au cours d’une consultation médicale entre les mois d’avril et de juin 2016 et les résultats ont été consignés dans une version numérisée et anonymisée du questionnaire.
La population étudiée est essentiellement masculine (2 femmes seulement) et les agents avaient en moyenne 5 ans d’expérience dans le métier de CA.

75% des CA rapportent l’existence de TMS avec au moins 3 localisations douloureuses pour plus de 60% d’entre eux et une fréquence importante des épisodes douloureux (au moins une fois par mois pour plus de 90% des agents et au moins une fois par semaine pour plus des 2/3).

Les TMS les plus fréquents sont les lombalgies basses, alléguées par 86% des CA. Viennent ensuite les cervicalgies (33%), puis les douleurs des épaules (20%).
Près de 80% des CA disent devoir travailler vite "parfois ou souvent" et près des 3/4 signalent être souvent soumis à des contraintes de délai.
69% déclarent comme "fort" l’impact possible d’une erreur de concentration.
Ils sont 69% à déclarer avoir "souvent" une influence sur l’organisation des taches qui leur incombent.

L’origine des TMS est donc multifactorielle avec une surcharge physique de travail (efforts de manutention et postures pénibles avec un matériel souvent vétuste ou inadapté) mais aussi des RPS liés à des conditions de circulation urbaine difficiles, un faible soutien social de la part de la hiérarchie, des conflits fréquents avec les personnels des services.

Il n’a pas été retrouvé de lien statistiquement significatif entre le nombre de localisations de TMS et la fréquence d’un travail à cadence soutenue.

En conclusion, il existe une forte prévalence des TMS dans la population de conducteurs ambulanciers étudiée.
Les services de santé au travail ont un rôle important dans le maintien dans l’emploi qui devient un enjeu majeur : évaluation des risques, conseils dans le choix des matériels adaptés, organisation rationnelle des transports.

(publié le 21 janvier 2020)