Les aspects psychosociaux du travail en équipes

Prevent Focus, 2008, n°9, pages 16-19

Si les entreprises trouvent dans le travail en équipes un avantage économique, les travailleurs ne sont pas tous satisfaits. En effet, chaque cas est différent et, selon l’âge, le sexe, l’état de santé physique et psychologique, le fait d’avoir ou non des enfants, l’acceptation du travail en équipes n’est pas toujours unanime. Chez ces salariés, le sommeil est perturbé avec raccourcissement de la durée du sommeil, notamment de la durée du sommeil actif et du sommeil profond, ce qui donne l’impression d’être moins reposé et d’avoir moins récupéré. Pour les travailleurs qui doivent dormir la journée, le sommeil est raccourci de 4 heures. Il s’ensuit une fatigue qui devient chronique et une plus grande sensibilité aux troubles psychiques comme la dépression et le burn-out, (surtout chez ceux qui subissent leur sort avec résignation). Le temps de réaction augmente, favorisant la survenue d’accidents.

Les horaires de repas sont irréguliers et les repas souvent peu diététiques. Pour « tenir », les travailleurs prennent du café ou des boissons contenant de la caféine. Certains boivent de l’alcool pour s’endormir plus facilement, d’autres se réfugient dans la drogue.

Beaucoup de sujets travaillant en équipes sont irritables, apathiques ou se plaignent de troubles psychosomatiques. Les femmes ont plus souvent un sentiment de culpabilité vis-à vis-de leur famille. Le travail en équipes favorise globalement les difficultés relationnelles.

Pour atténuer ces effets délétères, Il pourrait être conseillé :

  • des heures de pause régulières (des expériences ont montré un effet bénéfique d’une heure de repos entre 23 h et 3 h du matin sur la concentration, la fatigue, la digestion, l’énergie et la satisfaction par rapport à la qualité du travail),
  • une rotation des équipes dans le sens chronologique,
  • une limitation de la durée du travail de nuit des équipes à 8 h,
  • une information sur les risques inhérents au travail en équipes,
  • l’incitation à la pratique d’un sport et au maintien de bonnes habitudes alimentaires.

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(publié le 6 avril 2009)