Accompagner une entreprise dans l’amélioration des conditions de travail des salariés en horaires postés

M. Guittard, S. Moignot Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, n°5, pp.639-645. Références

Une entreprise d’une centaine de salariés [ouvriers en production et à la maintenance soumis au rythme posté (5X8h) et salariés administratifs ou cadres], constatant une dégradation de l’hygiène de vie de ses salariés et une augmentation des pathologies articulaires a diligenté le CHSCT pour faire un état des lieux et proposer des pistes d’amélioration.
Il a été procédé à une étude bibliographique (recherche des effets du travail posté sur la santé) et à une étude rétrospective et prospective des données recueillies lors des entretiens médicaux et infirmiers en santé au travail.
Les effets du travail posté sont connus : désynchronisation des horloges biologiques engendrant troubles du sommeil et de la vigilance, syndrome métabolique, dysfonctionnement hormonal, prise de poids, majoration des accidents du travail...
Ce qui a été retrouvé dans la population de l’entreprise. Sur les 97 salariés étudiés, 52,8% travaillant en horaires postés étaient en surpoids et 44% d’entre eux n’avaient pas d’activé physique régulière. 87,2% des salariés présentant des TMS étaient en horaires postés tout comme 92,3% des personnes obèses. 92% des fumeurs travaillaient en horaire posté.
Parmi les salariés en horaire de journée, 33% présentaient un surpoids et 64% avaient une activité physique régulière.

Les résultats ont été présentés à l’entreprise et des pistes de prévention ont été proposées :

  • mise en place de sessions d’information concernant l’hygiène de vie et les conséquences du rythme en horaire posté, par une infirmière en santé au travail et un médecin du travail avec remise d’un questionnaire évaluant le retentissement sur la santé des mesures prises avec réévaluation 12 à 18 mois plus tard,
  • promotion de l’activé physique par le biais d’incitations financières (frais d’inscription à un club sportif pris en charge, mise à disposition de vélos, création d’activités durant les heures de déjeuner, mise en place de séances d’étirements et d’échauffements en début de poste),
  • accès aisé à l’eau de boisson,
  • distributeurs automatiques proposant moins de produits sucrés et plus d’aliments à faible index glycémique.
(publié le 11 janvier 2019)