Le travail isolé, une question d’organisation avant tout

J-P. Buchweiller Hygiène et sécurité du travail, 2015, n°241, pp.21-36
L’objectif de ce dossier est de faire le point sur les moyens de prévention à mettre en place dans les situations de travail isolé, c’est à dire lorsque les tâches sont accomplies dans un environnement de travail où le sujet n’est ni vu ni entendu directement par d’autres personnels et où la probabilité de visite est faible.
Ces situations ne peuvent être listées à l’aveugle et doivent être scrupuleusement identifiées et analysées, qu’elles soient habituelles ou exceptionnelles et le résultat de cette évaluation doit figurer dans le document unique mis à jour annuellement.
Il n’existe pas de définition juridique, générale du travail isolé mais aucune disposition générale ne l’interdit. Il existe néanmoins quelques dispositions particulières et de nombreuses recommandations de la CNAMTS.
Il ne suffit pas d’équiper le salarié d’un Dati (disposition d’alarme du travailleur isolé), encore faut-il que le sujet soit formé à son utilisation et que l’employeur s’assure que l’activation des secours soit bien opérationnelle à partir du déclenchement de l’alarme.
Outre la mise en place efficace des secours, l’employeur doit se préoccuper de la solitude psychologique du salarié, de sa peur de l’imprévu, de son autonomie difficile à vivre, qui peuvent constituer des risques psychosociaux ; mais aussi de l’absence de présence humaine et donc du manque de stimulation pouvant engendrer une baisse de vigilance, un sentiment d’ennui avec une impression d’inutilité voire d’abandon.
L’employeur doit offrir aux travailleurs isolés les outils et formations leur permettant de faire face seuls aux différentes situations, en veillant aussi à ce qu’ils ne développent pas de sentiment de sur-confiance qui les amènerait à s’exposer davantage à des situations dangereuses.
(publié le 29 février 2016)