Travail isolé
Une trop dangereuse solitude

L. Courbon, C. Duval, D. Vaudoux Travail et sécurité, 2013, n°741, pp. 13-27

S’il n’existe pas de définition juridique du travail isolé, la définition habituellement prise en compte par le juge est celle d’un salarié qui ne peut "être ni vu ni entendu par un autre salarié".
Si le travail isolé n’est pas un risque en soi, il est un facteur aggravant des risques liés à la situation de travail.

  • le salarié isolé peut ne pas prendre la bonne décision en cas de danger ou de situation inhabituelle,
  • le travail isolé peut être source de risques psychosociaux (le salarié pouvant souffrir d’ennui, d’anxiété),
  • l’accident peut être lourd de conséquences, personne n’étant présent pour donner l’alerte.

Cette situation de travail isolé doit être prise en compte dans le document unique. La première ligne de prévention passe par la suppression du travail isolé et si ce n’est pas possible par la mise en place de mesures adaptées.

Des exemples sont présentés dans ce dossier :

  • une équipe de ménage travaille dorénavant dans les entreprises clientes pendant les heures d’ouverture des bureaux ;
  • les dameurs des pistes de ski portent sur eux une radio, équipée d’un dispositif d’alerte travailleur isolé ; et les vigies qui quittent leur poste en haut des pistes après la fermeture préviennent de leur départ tandis que le reste de l’équipe attend leur arrivée ;
  • en forêt, le risque est celui d’un réseau téléphonique qui ne couvre pas l’ensemble de l’espace forestier et que le salarié soit difficile à localiser. Des points de rencontre où le réseau passe ont été définis.
    Des réflexions s’orientent vers des téléphones portables ou des ceintures de sécurité qui intégreraient la détection de perte de verticalité et l’absence de mouvement.
  • Les éleveurs d’ovins et de bovins pourront avoir recours à un chien de troupeau qui pourra rabattre les bêtes pour les déplacer et les amener à l’étable mais qui pourra aussi réagir en cas d’accident.
  • Le scaphandrier préparera sa plongée avec minutie (1h de préparation) et le scaphandrier de secours prêt à plonger en cas d’incident sera équipé en même temps que le plongeur.
(publié le 14 octobre 2013)