Les nouvelles formes d’organisation du travail : opportunités ou illusions ?

V. Grosjean, J. Leichle, L. Thévény Hygiène et Sécurité du Travail, 2016, n°245, pp. 6-9. Bibliographie
Les stratégies d’entreprise sont bousculées par un certain nombre d’innovations et le développement d’outils performants, obligeant les entreprises à s’adapter perpétuellement.
Les places de la confiance, de l’initiative et de l’autonomie sont de plus en plus débattues au sein des entreprises et les nouvelles formes d’organisation du travail sont marquées par des spécificités telles que "prise de décisions par consentement, suppression des hiérarchies intermédiaires, triptyque confiance- autonomie-responsabilité".
Qu’en est-il alors, de la responsabilité de l’employeur face à sa marge de manœuvre désormais réduite et le maintien de ses obligations réglementaires telles que l’évaluation des risques, le document unique, la plan de prévention, etc ? _ Si ces obligations peuvent être remplies dans le cadre d’équipes autonomes, elles ne peuvent s’affranchir d’un coordination à l’échelle de l’entreprise. "Le principe de subsidiarité de la responsabilité ne se substitue pas au lien de subordination ; les deux coexistent et sont complémentaires", ce qui ne devrait pas avoir pour conséquence un désengagement de la responsabilité de l’employeur associé à un renforcement de la responsabilité du salarié.
Par ailleurs, la disparition de l’encadrement intermédiaire "oblige le salarié à accepter plus de responsabilité, à apprendre vite et être performant face à de nouveaux repères techniques ou opérationnels " et pose aussi la question de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle" (en raison du plus haut niveau d’engagement).
Ces nouvelles organisations semblent néanmoins, mieux préparées à intégrer le concept de culture et de prévention qui fait converger santé publique et santé au travail. Certaines entreprises sont réussi à appliquer durablement ces nouveaux concepts mais les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances, car l’entreprise doit remplir ses obligations en matière de santé et sécurité au travail et "la gestion des actions de prévention doit alors être repensée en fonction de l’organisation de l’entreprise et si des incompatibilités sont identifiées, c’est l’organisation qui doit évoluer au profit de la prévention".
(publié le 7 mars 2017)