Temps de travail hebdomadaire prolongé et risque cardiovasculaire

M. Fadel, A. Descatha Le Concours Médical, 2020, vol.142, n°10, pp. 35-37. Références

Les horaires de travail prolongés sont depuis quelques années, considérés comme facteurs de risque professionnels de la survenue d’évènements cardiovasculaires.

Sous l’égide de L’OMS et l’OIT, une revue systématique de la littérature a été assurée par un groupe d’un vingtaine de chercheurs, à partir des différentes bases de données existantes. Parmi plusieurs milliers d’articles, 22 études ont été sélectionnées, toutes récentes et de bonne qualité.
Pour l’analyse de ces études, le groupe de référence avait des horaires de travail compris entre 35 et 39 heures. Les groupes exposés comprenaient ceux travaillant entre 49 et 54 heures hebdomadaires et ceux travaillant plus de 55 heures hebdomadaires.
La revue systématique a permis de conclure à :

  • un effet limité pour les personnes travaillant entre 49 et 54 heures par semaine avec un risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) 13 fois plus élevé par rapport au groupe de référence (Intervalle de confiance [IC]=1-28%) ;
  • uneffet plus marqué pour les personnes travaillant plus de 55 heures par semaine, avec un risque d’AVC 35% plus élevé par rapport au groupe de référence (IC= 13-61%).
  • Le surrisque d’AVC est observé pour les personnes exposées à des horaires de travail longs (plus de 10h pendant plus de 50 jours par an) et l’effet est plus élevé si la durée d’exposition dépasse 10 ans.

L’association entre les horaires de travail long et les pathologies cardiovasculaires notamment l’infarctus du myocarde a été étudié au travers de 37 études.
Les résultats sont en faveur d’un excès de risque d’infarctus associé au travail prolongé mais avec des études plus hétérogènes et un effet plus faible. Les sujets travaillant plus de 55 h par semaine ont un risque augmenté de 13% par rapport au groupe de référence ( IC= 2-26%).

Même si ces études ont des des limites (prise en compte incomplète des facteurs de confusion et des médiateurs potentiels), il convient de proposer des mesures de prévention, d’informer ceux qui présentent des facteurs de risque et dans certains circonstances, de conseiller une déclaration en maladie professionnelle.

(publié le 10 février 2021)