Formation-information des travailleurs de nuit
Expérience de formation du personnel de nuit d’une entreprise de fret

C. Didier-Marsac Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2009, vol 70, n°3, p. 272-282. Bibliographie.
Le médecin du travail d’une entreprise de fret aérien employant 1 500 personnes et développant une activité qui a lieu principalement en soirée et durant la nuit a proposé au personnel une information et une sensibilisation au risque professionnel du travail de nuit en lien avec le Centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu (Paris). Avec l’aide et le soutien du service des ressources humaines et de la direction, le projet a pu aboutir. Il s’est agi d’une formation de quatre heures dispensée par groupes de 15 à 20 salariés par séance, sur la base du volontariat. Chaque session comportait deux parties : une partie théorique sur le sommeil, l’éveil, la vigilance, la nutrition, la lumière et l’exercice physique avec séance de relaxation et une deuxième partie axée sur l’horloge biologique, les rythmes circadiens et les effets du travail de nuit sur le sommeil et la santé. Au cours de la formation, des questionnaires ont été distribués et complétés. La population étudiée se composait de 91% d’hommes et de 9% de femmes. La moyenne d’âge était de 33,7 plus ou moins 2 ans, avec des extrêmes allant de 19 à 61 ans. 59% des salariés avaient entre 15 et 30 minutes de temps de trajet et 54% d’entre eux devaient parcourir entre 10 et 30 km de leur lieu de domicile à l’entreprise. Les résultats montrent que la somnolence touche 32,2% de la population étudiée, et qu’une dette de sommeil concerne 62% des opérateurs. Parmi les 980 inscrits à la formation, 940 personnes ont répondu présents. Cette formation a été intégrée dans une démarche globale d’amélioration des conditions de travail et a été très appréciée des salariés. Il est prévu de continuer à dispenser une formation d’une durée probable de deux heures sous forme d’un rappel ou d’un recyclage. A ce jour, il n’a pas été constaté de réduction significative des accidents de travail ni une réduction significative des accidents de trajet. Mais cette réduction ne peut être attendue qu’à moyen voire long terme.
(publié le 14 décembre 2009)