Association entre travail de nuit et augmentation de la perception de la douleur
Nigt-shift work is associated with increased pain perception

D. Matre, S. Knardahl, K. Bernhard Nilsen Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2017, vol 43, n°3, pp. 260-268. Bibliographie.

L’objectif de cette étude norvégienne est d’étudier si les travailleurs postés présentent une perception accrue à la douleur après le travail avec équipe postée de nuit.

L’étude a été réalisée avec un design croisé sur deux typologies de sommeil, c’est-à-dire après au moins 2 nuits de sommeil habituel et après 2 nuits de travail. _ Cinquante trois infirmiers en travail posté ont participé à l’étude.
La sensibilité à la douleur induite par l’électricité, la chaleur, le froid, la pression et l’inhibition de la douleur ont été déterminées expérimentalement dans chaque condition de sommeil. La somnolence et la vigilance ont également été évaluées.
Le travail de nuit (NSW) a augmenté la sensibilité aux douleurs (p≤ 0,001). _ Par rapport à ceux ayant un sommeil habituel, la douleur induite par l’électricité a augmenté de 22,3 % et la douleur au chaud de 26,8 %.
La sensibilité à la douleur au froid et à la pression n’a pas changé ; les variations par rapport au sommeil habituel étaient < 5% (p> 0,5). L’inhibition de la douleur était 66,9 % plus forte après le travail de nuit versus le sommeil habituel (p< 0,001).
La somnolence (mesure par l’échelle de somnolence de Karolinska) est passée de 4,1 après le sommeil habituel à 6,9 après NSW (p< 0,001). La vigilance a diminué après NSW, mesurée en une diminution de 0,03 seconde du temps de réaction (p< 0,005).
Les modifications de la sensibilité à la douleur après NSW sont mesurables et peuvent constituer un indicateur important pour les études comparant les effets physiologiques des différents horaires de travail posté.
Les explications sur les effets différentiels des différentes modalités de la douleur devraient être approfondies lors de futures études.

(publié le 16 octobre 2017)