Le risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit : état des connaissances

G. Caetano, D. Léger Références en Santé au Travail, 2019, n°157, pp. 21-43. Bibliographie
Les études de recherche fondamentale ont apporté des preuves des effets de la perturbation circadienne et de la dette de sommeil sur l’oncogenèse mammaire. Néanmoins, les voies biologiques précises restent à élucider.
L’étude de plusieurs méta-analyses et des travaux d’experts sont en faveur d’une augmentation statistiquement significative de l’incidence du cancer chez les travailleuses de nuit.
Les études épidémiologiques les plus récentes mettent en évidence l’importance du moment de l’exposition au travail de nuit au cours de la vie, de sa fréquence et de son intensité.
S’il est difficile de bien préciser l’intensité de ce risque ou de définir un seuil critique, il semble que l’augmentation du risque soit " très faible", voire" modeste", surtout chez les femmes ayant été exposées plus de 20 ans, spécialement pendant l’âge adulte jeune. Une exposition plus courte (plus de 5/10 ans) mais intense (au moins trois nuits ou 20 heures par semaine ou bien 4 nuits consécutives) serait responsable d’un risque augmenté. Chez les femmes pré-ménopausées associant à la fois une exposition fréquente et une durée supérieure à 10 ans, le risque semble "modeste", voire "modéré".
Néanmoins, dans le cadre d’une démarche globale de prévention, les équipes de santé au travail proposeront la mise en place de mesures organisationnelles limitant les effets du travail de nuit, mais aussi délivreront une information aux salariés sur les risques et leur prévention.
(publié le 30 septembre 2019)