Le travail en horaires atypiques : quels salariés pour quelle organisation du temps de travail ?

Dares analyses, 2018, n°030, 12 p.

Les horaires de travail atypiques se définissent comme le fait de travailler, pour une partie ou pour la totalité de ses horaires, le soir, la nuit, le samedi ou le dimanche, que ce soit sur le lieu de travail ou à domicile.
Les horaires atypiques se concentrent sur certaines familles professionnelles et davantage chez les hommes.
Ce sont plus souvent les jeunes de moins de 30 ans et les personnes seules qui travaillent le soir, la nuit et le week-end. Ces horaires diminuent à partir de 40 ans et les horaires tardifs (soir et nuit), plus élevés aux âges intermédiaires, déclinent à partir de 50 ans chez les hommes et de manière plus progressive chez les femmes.
Les cadres travaillent davantage le soir, les ouvriers la nuit et avec des horaires habituels alternés. Les employés travaillent plus le week-end.
Mais le travail le samedi reste l’horaire atypique le plus courant.
Les horaires atypiques sont largement utilisés dans la fonction publique et le secteur tertiaire pour assurer la continuité de la vie sociale, la permanence des services de soins, la protection et la sécurité des personnes et des biens.
On note aussi :

  • une tendance au cumul des horaires atypiques, c’est-à-dire que les horaires de fin de semaine (samedi et dimanche) vont souvent de pair, de même que les horaires tardifs (en soirée et de nuit) ;
  • des durées de travail plus importantes, en durée annuelle effective (9,5% de plus que les salariés ayant des horaires standard) mais aussi en nombre de jours travaillés par an (85 heures supplémentaires sur l’année contre 38 heures parmi les autres salariés).

Par ailleurs, le temps hors travail est nettement plus perturbé et nécessite une plus grande disponibilité : dépassement au delà de l’horaire prévu et parfois besoin d’échanges en dehors des horaires de travail.
L’articulation avec la vie personnelle et familiale s’avère plus difficile et 44% déclarent que leurs proches se plaignent que leurs horaires de travail les rendent peu disponibles.

(publié le 9 juillet 2018)