Les horaires atypiques

Dossier réalisé par C. Ravallec, D. Laroque Travail et Sécurité, 2018, n°801, pp.12-25

Selon la Dares, plus de 40% des salariés sont concernés par le travail en horaires atypiques, soit plus de 10 millions de personnes. Le travail du samedi est le plus fréquent (5,2 millions de travailleurs) ; le travail de nuit concerne 440 000 salariés.
Ces horaires ne sont pas sans conséquence sur la santé des travailleurs : des effets avérés : troubles du sommeil, risque de syndrome métabolique, troubles psychologiques, diabète de type 2, hypertension artérielle, hypercholestérolémie...., des effets probables : diminution des performances cognitives, dégradation de la santé psychique, maladies coronariennes, cancers et des risques possibles : anomalies lipidiques et risque d’AVC.

La prévention des effets délétères des horaires atypiques passe idéalement par leur suppression et il faut encourager à effectuer certaines activités (comme le nettoyage des bureaux) en journée. Il faut réfléchir aux types de rotations, tenir compte de la nature des tâches, des heures d’hypovigilance, du temps de déplacement domicile-travail, des possibilités de récupération, de la compatibilité vie familiale-vie privée.
Les premières étapes seront celles de la sensibilisation des salariés aux effets délétères des horaires atypiques et de l’information sur le sommeil et l’hygiène de vie. ..... Il sera ensuite conseillé de préconiser des rotations de deux ou trois nuits, voire de passer d’un roulement en 4X8 à quatre emplois de temps fixes pour permettre à chacun de trouver celui qui lui convient le mieux et d’instaurer la possibilité de micro-siestes au lieu et temps de travail, (d’une durée de 10 à 30 minutes, temps insuffisant pour entrer en sommeil profond mais permettant d’être ensuite plus vigilant).

(publié le 6 mars 2019)