Retentisement du travail de nuit sur la qualité de vie du personnel soignant

N. Mechergui, I. Youssef, M. Ben Rhouma, F. Bouden, H. Romdhani, N. Ladhari Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°4, pp. 273-280. Références
Une étude transversale descriptive et comparative a été menée sur les personnels soignants d’un hôpital de Tunis, qui travaillaient le jour ou la nuit depuis au moins un an, à l’aide d’un questionnaire auto-administré (le questionnaire SF36 traduit et validé en arable dialectal).
160 personnes ont été retenues pour l’étude : 80 avaient un travail fixe le jour et 80 un travail fixe la nuit.
La satisfaction au travail a été retrouvée dans 90% des cas et le travail était jugé pénible par 80% des sujets interrogés. La relation avec les collègues état jugée bonne dans 56% des cas et avec les supérieurs hiérarchiques dans 50% des cas.
Le score de la qualité de vie était de 56±1,79 pour les exposés au travail de nuit et de 59±18,2 pour les travailleurs de jour avec une différence statistiquement non significative. Les deux groupes étaient comparables au niveau des scores global, physique et mental avec une différence statistiquement non significative.
Les scores de l’activité physique et sociale dépendaient significativement de la catégorie socioprofessionnelle.
Les scores des dimensions de la santé perçue et limitation dues à l’état psychique dépendaient significativement de la charge familiale et le score de la dimension douleur perçue était statistiquement lié au fait d’avoir des parents à charge.
Malgré l’absence d’une altération de la qualité de vie chez les personnels travaillant de nuit, une surveillance médicale s’avère nécessaire pour ces travailleurs afin de dépister précocement une éventuelle désadaptation au poste de nuit et d’envisager un reclassement professionnel.
(publié le 10 janvier 2020)