Surveillance et prévention des conséquences du travail posté et de nuit : état des lieux et recommandations

A. Metmaine, D. Léger, Y. Esquirol et le Groupe consensus chronobiologie et sommeil de la Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS) La Presse médicale, 2018, vol.47, n°11-12, pp. 982-990

Le travail de nuit ne pouvant être supprimé, il y a lieu de mettre en place
des mesures de prévention primaire visant à limiter les effets du travail posté de nuit sur la santé, à savoir :

  • organiser des débuts de poste de travail du matin pas trop tôt, compatibles avec un temps de sommeil suffisant en tenant compte des temps de trajet ;
  • programmer une durée du poste ne dépassant pas 8 heures (sauf exigences) en tenant compte des charges mentales et physiques induites et des conséquences sur la désorganisation familiale ;
  • proposer un maximum de 3 nuits consécutives et des rotations intermédiaires entre 4 et 5 jours en respectant le temps légal de repos supérieur ou égal à 11 heures entre chaque plage horaire de travail ;
  • permettre aux travailleurs de nuit de réaliser des siestes courtes inférieures à 30 minutes pendant la première partie du temps de travail ;
  • donner la possibilité aux travailleurs de consommer des repas équilibrés ;
  • favoriser la lumière intense avant la prise des postes du matin ou de nuit pour améliorer la vigilance et la performance ;
  • éviter l’exposition à la lumière en fin de nuit et le matin après un poste de nuit pour faciliter le sommeil de jour ;
  • rendre les plannings prévisibles et définir des horaires de travail adoptés de manière consensuelle.

Mesures de prévention secondaire

  • surveillance médicale : visite d’information et de prévention avant l’affection au poste et suivi périodique n’excédant pas 3 ans où seront recherchés les facteurs de risque cardiovasculaire et les troubles du sommeil ;
  • affectation à un poste de jour pendant la durée de la grossesse ;
  • prolongation éventuelle d’un mois du congé post-natal.

Mesures de prévention tertiaire

  • La relation dose-réponse entre l’exposition régulière au travail de nuit et le cancer du sein est possible au-delà d’une durée d’exposition de 20 ans. Comme il n’existe pas encore en France de tableau de maladies professionnelles permettant la reconnaissance d’une pathologie de ce type, la voie de recours est celle des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles.
(publié le 25 janvier 2019)