Infection par le virus de l’hépatite E : un risque professionnel émergent ?
Hepatitis E virus infection : an emerging occupational risk ?

A. De Schryver, K. De Schrijver, G. François, R. Hambach, M. Van Sprundel, R. Tabibi, C. Colosio Occupational Medicine 2015, vol 65, n°9, pages 667-672. Bibliographie.

L’infection par le virus de l’hépatite E (HEV) est endémique dans de nombreux pays développés, occasionnant une morbidité non négligeable. La transmission est d’abord oro-fécale et associée simultanément avec des infections sporadiques et épidémiques dans les zones pauvres sanitairement et aux infrastructures de santé publique faibles. Récemment, il est devenu évident que le HEV est aussi une maladie endémique dans les pays industrialisés. De plus, l’existence d’un réservoir porcin et la preuve croissante d’une transmission zoonotique rapportée dans ces pays, suggèrent la possibilité d’une transmission professionnelle à l’homme.

Cette étude italo-belge résume les connaissances actuelles sur l’épidémiologie et la prévention de la transmission de l’HEV au niveau professionnel. Les mots clés suivants ont été utilisés dans PubMed : hépatite E, maladie, épidémiologie, profession(nel).

Après une revue bibliographique, 107 publications ont été retenues. Dans les régions non-endémiques, la séroprévalence varie de 2-7,8% en Europe, au Japon et en Amérique du Sud à 18,2-20,6 % aux USA, Russie, Royaume-Uni, Sud de la France et Asie.
Une méta-analyse de 12 études transversales évaluant la séroprévalence des IgG anti HEV chez les individus exposés professionnellement aux porcs a montré des taux plus élevés d’odds ratios de séropositivité, mais aussi un important degré d’hétérogénéité. Des possibilités de biais dans les publications existeraient.

Il existe une association significative entre l’exposition professionnelle au porc et la séroprévalence des IgG anti HEV, mais le niveau de prévalence détecté dépend aussi du type de kits d’IgG anti HEV utilisés.
De futures études, incluant les mécanismes et les facteurs de risque de l’infection, ainsi que le développement de tests sérologiques plus performants pour l’identification de l’infection sont nécessaires.

(publié le 31 octobre 2016)