La fatigue d’être un homme : une enquête sur le burnout selon le genre

La fatica di essere maschio : un’indagine su genere e burnout G. Maccacaro, F. Di Tommaso, P. Ferrai, D. Bonatti, S. Bombana, A. Merseburger La Medicina del Lavoro, 2011, vol 102, n°3, pages 286-296. Bibliographie.

Le stress au travail affecte plus de 40 millions de personnes dans l’Union Européenne - environ 22% des travailleurs - c’est aussi le deuxième problème de santé lié au travail le plus souvent signalé. Le genre (sexe) ne semble pas être un facteur prédictif constant pour le burnout (épuisement au travail) : certaines études ont montré que les femmes souffrent plus souvent de burnout que les hommes, d’autres études ont prouvé que les hommes signalaient des scores plus élevés de burnout alors que d’autres encore ne trouvaient aucune différence entre les deux sexes. Ces résultats peuvent être dus à des stéréotypes liés au genre, ou pourraient même refléter la prédominance d’un genre dans certains emplois.

Afin de déterminer dans quelle mesure le genre pourrait intervenir au sein des variables pertinentes dans les enquêtes sur le burnout professionnel, les auteurs italiens ont mené une enquête en 2008-2009 sur le burnout dans le milieu de soins du nord de l’Italie. Le questionnaire sur le contenu du travail (JCQ) et l’inventaire du burnout de Maslach (MBI) ont été distribués aux médecins, au personnel administratif et au personnel auxiliaire des services hospitaliers et des services de soins locaux. Un total de 1 604 JCQs et de 1 604 MBIs a été analysé, ce qui correspond à 37% des tests distribués. Les résultats de la régression logistique ont montré que le genre, le travail posté et un faible score dans les relations avec les supérieurs étaient significativement associés avec le burnout. Pour ce qui est des tâches des médecins et des infirmières, la fréquence du burnout était de 3,78 % pour les médecins et de 1,97% pour les infirmières, avec des pourcentages plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Les femmes ayant des enfants signalaient une fréquence moyenne de burnout qui était plus basse que la moyenne de la population totale étudiée alors que les hommes ayant des enfants avaient une fréquence de burnout double par rapport à la moyenne.

En conclusion, le genre masculin est significativement associé au burnout. De plus, les résultats des auteurs ont montré que les médecins ont un excès de burnout par rapport aux infirmières bien que cet excès n’atteigne pas la significativité statistique lorsque l’on prend en compte la distribution des genres dans les deux professions.

(publié le 19 septembre 2011)