Rayonnement électromagnétique non-ionisant : état des lieux

D. Adang Prevent Focus, 2011, n°3, pp 4-8.
Depuis quelques années, les applications des rayonnements non-ionisants dans notre environnement (tant professionnel que privé) se sont multipliées (essor des nouveaux moyens de communication : gsm, Wifi, Bluetooth...., mais aussi des micro-ondes : radars, fours à micro-ondes, appareils pour de nombreuses applications industrielles, ou matériel médical).
Les rayonnements non-ionisants sont un phénomène naturel et les photons qui les composent ne disposent pas de suffisamment d’énergie pour briser la liaison chimique de la substance avec laquelle ils interagissent, ce qui fait que le processus ne donne naissance à aucun ion. Parmi les rayonnements non-ionisants, on trouve la lumière visible, les infrarouges, les micro-ondes, les ondes radio/télévision ou encore les ondes électromagnétiques des câbles électriques.
L’effet thermique de ces rayonnements non-ionisants est bien connu : les ondes électromagnétiques agitent les molécules d’eau du tissu biologique qu’elles rencontrent et en augmentent la chaleur. Les effets les plus fréquents sont la cataracte, l’infertilité de l’homme due à une diminution de la spermatogenèse ou des brûlures des tissus dans les cas extrêmes.
Pour ce qui est des effets microthermiques, les conséquences à long terme ne sont pas clairement connues et les études sur ce thème se contredisent.
Néanmoins, une directive européenne existe mais ne tient compte que des effets nocifs avérés à court terme des rayonnements non-ionisants sur le corps humain. Cette directive devait être transposée en droit des États membres en 2008 mais de nouvelles études consacrées à ce thème ont été publiées. La nouvelle directive devra donc prendre en compte ces derniers résultats.
La directive préconise d’évaluer les niveaux des champs électromagnétiques ou de calculer les niveaux d’exposition des travailleurs mais aussi de réduire au minimum les risques encourus par les salariés exposés aux technologies les plus récentes.
L’employeur a une obligation d ’information mais aussi celle de mettre en œuvre un plan d’action agrémenté d’un programme de mesures visant à évaluer de manière périodique l’exposition des travailleurs aux champs électromagnétiques.
(publié le 21 juillet 2011)