Toxicité de la lumière bleue sur l’oeil

B. Dupas, D. Dupas Le Concours Médical, 2013, n°9, pp. 725-726
On trouvera dans cet article, la réponse à un lecteur qui s’interroge sur les éventuels dangers des LED, ces diodes électroluminescentes utilisées dans des situations de plus en plus fréquentes (éclairage domestique, éclairage des salles de spectacle, phares de voiture, rétro-éclairage des écrans plats d’ordinateurs ou de téléviseurs).
Le procédé utilisé dans les LED (light emitting diode) consiste à cumuler une diode bleue (correspondant à des rayonnements de courtes longueurs d’onde, proches des ultraviolets ) à un phosphore jaune.
La lumière bleue visible (400-500 nm) est potentiellement toxique pour l’œil et risque d’aggraver des pathologies rétiniennes préexistantes en particulier celles liées à l’âge comme la DMLA.
Les enfants sont particulièrement sensibles à la lumière bleue, leur cristallin en développement n’assurant pas son rôle efface de filtre alors que chez le sujet avançant en âge, le vieillissement naturel du cristallin lui confère une coloration progressivement jaune, qui le protège de la lumière bleue. C’est pour cela que lors de la chirurgie de la cataracte, l’implant cristallinien est le plus souvent de couleur jaune pour diminuer le risque de la lumière bleue pour le patient, (l’interposition d’un filtre jaune entraînant une diminution voisine de 80% de la mort des cellules exposées à la lumière bleue, selon une étude menée en 2004).
Pour se protéger de la lumière bleue, le port de verres de lunettes et l’utilisation de protecteurs d’écran de couleur jaune sont donc recommandés.
Sur les neuf types de diodes disponibles sur le marché, l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a constaté que trois diodes présentaient un risque modéré (risque 2) avec une durée limite d’exposition d’au mieux quelques dizaines de secondes. Dans les années qui viennent, de plus en plus de LED vont apparaître dans ce groupe de risque 2 et "certaines professions sont particulièrement à risque comme les éclairagistes, les figurants et les techniciens des spectacles scéniques, les chirurgiens et les dentistes (et leurs patients), les professionnels de la photothérapie".
Il paraît licite pour le médecin du travail de conseiller des lunettes jaunes ou des filtres jaunes pour le personnel exposé de façon prolongée à la lumière des LED.
(publié le 30 janvier 2014)