Dépendance à la téléphonie mobile et risques associés
Revue de la lttérature

J. Passeron Références en Santé au Travail, 2016, n°145, pp. 131-139. Bibliographie

Selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), en 2013, le téléphone mobile est utilisé pour un usage professionnel par 44,8% des salariés. Les cadres, les agents de maîtrise et les techniciens sont les plus grands utilisateurs. Les secteurs les plus concernés sont les activités immobilières, la construction, les industries extractives, l’information et la communication et le transport.
L’usage intensif de la téléphonie mobile est pourvoyeur :

  • de stress résultant de la porosité entre sphère privée et sphère professionnelle, de l’augmentation de l’amplitude des horaires de travail et de la difficulté du management à distance,
  • de troubles du sommeil,
  • de symptômes de dépression,
  • de troubles musculosquelettiques : douleurs du cou, de l’épaule droite ou gauche, et du pouce droit (significativement associées aux jeux et à la navigation sur internet), voire ténosynovite de De Quervain (chez une patiente envoyant 2 500 SMS par mois), ou ténosynovite du pouce.
  • de risque routier : 2 salariés sur 3 conduisant à titre professionnel passent ou reçoivent des appels téléphoniques au cours de leurs déplacement. Plus du 1/3 des salariés a déjà fait des erreurs de conduite au cours d’une conversation téléphonique et 1,3% d’entre eux a été victime d’un accident en téléphonant. Les situations les plus à risques sont : envoyer des SMS, accéder à Internet, composer un numéro, atteindre son téléphone portable ou atteindre un casque ou des écouteurs.

En France, ce sont les jeunes, les hommes et les usagers de la route à titre professionnel qui téléphonent le plus en conduisant. Près d’un accident de la route sur 10 serait lié à l’usage du téléphone et le risque d’être impliqué dans un accident routier pour un conducteur en train de téléphoner est multiplié par environ 3 par rapport à un conducteur ne téléphonant pas.

La prévention repose sur la mise en place de règles d’utilisation à des fins professionnelles de la téléphone mobile, notamment en dehors des heures de travail et/ou de la conduite des véhicules.
Le médecin du travail devra conseiller et orienter un salarié ayant un usage problématique de la téléphonie mobile.

(publié le 24 novembre 2016)