Médicaments anticancéreux et médecine vétérinaire
Retour d’expérience du Centre hospitalier universitaire vétérinaire d’Alfort

J. Béguin, C. Maurey, R. Salvétat, J-P. Depay, E. Mazillier, N. Sotirov, S. Ndaw Références en Santé au Travail, 2017, n°151, pp. 35-42. Bibliographie
Le Centre Hospitalier Vétérinaire d’Alfort réalise chaque année 31 000 actes. La cancérologie et la réalisation de chimiothérapies tient une place de plus en plus importante (à raison de 15 séances de chimiothérapie par mois pour les carnivores domestiques).
Des mesures des expositions aux médicaments cytotoxiques ont montré des contaminations notables sur les faces externes des gants du vétérinaire durant les étapes principales de la chimiothérapie. Des quantités faibles étaient également présentes sur la table d’examen, la paillasse ou le sol devant la table d’examen.
Des traces ont aussi été retrouvées dans la salle de consultation après nettoyage, notamment sur le sol, le clavier de commande de la table d’examen ou le pied de perfusion.
Dans le chenil de chimiothérapie, des quantités faibles ont été mises en évidence principalement dans les cages des animaux sur les caillebotis, les parois et le sol.
Ces mesures révèlent une contamination de l’environnement de travail et donc une exposition du vétérinaire et du personnel hospitalier aux molécules utilisées.
Des actions correctrices ont été conduites telles que : la réalisation de la chimiothérapie dans un chenil spécifiquement dédié à ce traitement et où se déroulent toutes les étapes de la chimiothérapie, le port de deux paires de gants en nitrile pour le vétérinaire, un nouveau système d’injection, la formation du personnel chargé du nettoyage, une sensibilisation du personnel hospitalier au risque d’exposition.
De nouvelles séries de mesures menées après ces actions correctrices ont montré l’absence de contamination sur les gants, mais aussi sur les éléments de l’environnement (table d’examen, poubelles , sol...). Seules des traces ont été mises en évidence dans 10% des prélèvements effectués après le nettoyage du chenil sur le sol et les parois des cages mais à des concentrations proches de la limite de quantification.
Il est important d’évaluer régulièrement l’efficacité des mesures de prévention mises en place afin de garantir la maîtrise des expositions des personnes aux médicaments cytotoxiques.
(publié le 1er décembre 2017)