Accident du travail
savoir gérer les troubles post traumatiques

C. Lacourcelle Prévention BTP, 2010, n°130, pp.13-17
Les conséquences d’un accident grave, voire mortel sur un chantier peuvent être lourdes, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan humain générant culpabilité, perte de confiance, troubles de santé et de comportement, états dépressifs, insomnies, troubles cardiovasculaires, conduites addictives chez les collègues.
L’écoute est au cœur de la prise en charge et nécessite le recours à un spécialiste (psychologue ou psychiatre), soit immédiatement, soit dans un délai de 48-72 h. Ce professionnel laissera les personnes s’exprimer individuellement dans le cadre d’entretiens face à face ou collectivement, en groupe de 12 personnes maximum, le tout sur la base du volontariat. Ces échanges pourront se poursuivre dans le temps en fonction des individus. Il ne doit pas y avoir de procédure standard mais une action toujours adaptée au terrain. Dans le même temps, il faut penser à accompagner les proches de la famille.
Doit également s’organiser un debriefing technique, qui permettra de clarifier le déroulement des évènements et d’identifier les dysfonctionnements pour pouvoir y remédier.
Quand reprendre le travail sur le chantier ? Les équipes doivent avoir le choix de poursuive ou non le travail.
Il est rapporté ensuite le témoignage d’un responsable prévention d’une importante société de BTP, qui explique le fonctionnement d’une cellule psychologique déclenchée chaque fois qu’une souffrance psychologique est détectée ; une expérience de trois années lui fait conclure "qu’il ne pourrait plus s’en passer".
(publié le 10 septembre 2010)