Accidents du travail en caisson hyperbare en France

R. Pougnet, A. Henckes, L. Pougnet, G. Cochard, B. Loddé, F. Dantec, D. Lucas, J-D. Dewitte Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2014, vol.75, n°6, pp.574-578. Bibliographie
L’oxygénothérapie hyperbare est une thérapeutique qui recourt à un caisson de recompression qui peut être suffisamment large pour autoriser la présence d’un personnel médical ou para-médical pour accompagner les patients durant les séances. Peu de personnes sont concernées en France (23 caissons civils et 3 caissons militaires) mais néanmoins, soumises à de nombreuses expositions professionnelles.
Une étude rétrospective par auto-questionnaires a été menée, concernant les accidents survenus chez le personnel des caissons hyperbares en France, entre 2005 et 2011, au cours de séances hyperbares.
12 (46%) des centres de médecine hyperbare ont participé à l’étude pour un total de 73 sujets sur 96 personnes travaillant dans ces caissons. Il s’agissait en majorité d’infirmiers (51%) et de médecins (27%). Le nombre moyen d’expositions hyperbares était de 198,3 par personne pour un total de 8 072.
Il y a eu 30 accidents déclarés ou non : 3 accidents d’exposition au sang, 4 accidents physiques, 20 accidents liés à l’hyperbarie et 3 accidents d’un autre type.
Les accidents liés à l’hyperbarie étaient essentiellement des baro-traumatismes (14 soit 70% des accidents). 3 étaient des accidents de décompressison de type 2 (1 accident neurologique central et 2 accidents de l’oreille interne), 2 étaient des accidents de décompression avec symptômes cutanés et 1 était un accident dentaire.
L’incidence des accidents liée à l’hyperbarie était de 248 pour 100 000 séances en caissons.
Le fait d’être infirmier et de sexe féminin était lié à la survenue des accidents. Il semble donc important de rappeler régulièrement aux personnes travaillant en caisson hyperbare, les risques qu’elles encourent.
(publié le 27 avril 2015)